D'où viennent les noms des 50 États américains ?
Près de la moitié des États portent un nom d'origine amérindienne, souvent celui d'un fleuve ou d'un peuple. Les autres honorent des souverains et personnages européens (Virginie, Caroline, Louisiane, Washington), reprennent des mots espagnols (Floride, Nevada, Colorado) ou des noms de lieux anglais (New York, New Jersey).
Vue d'ensemble par langue d'origine
| Origine | Nombre | États |
|---|---|---|
| Langues amérindiennes | 22 | Alabama, Arkansas, Connecticut, Dakota du Nord, Dakota du Sud, Illinois, Iowa, Kansas, Kentucky, Massachusetts, Michigan, Minnesota, Mississippi, Missouri, Nebraska, Ohio, Oklahoma, Tennessee, Texas, Utah, Wisconsin, Wyoming |
| Autres langues autochtones | 3 | Alaska (aléoute), Hawaï (hawaïen), probablement Arizona (o'odham) |
| Espagnol | 6 | Californie, Colorado, Floride, Montana, Nevada, Nouveau-Mexique (du nahuatl) |
| Français | 2 | Louisiane, Vermont |
| Anglais et latin (personnes, lieux) | 13 | Caroline du Nord, Caroline du Sud, Delaware, Géorgie, Indiana, Maryland, New Hampshire, New Jersey, New York, Pennsylvanie, Virginie, Virginie-Occidentale, Washington |
| Origine disputée ou inconnue | 4 | Idaho, Maine, Oregon, Rhode Island |
Ce classement retient la langue du mot d'origine, pas celle qui l'a transmis. Beaucoup de noms amérindiens sont en effet passés par le français ou l'espagnol avant d'être fixés en anglais. Le Texas, par exemple, vient d'un mot caddo noté par les Espagnols ; l'Illinois, d'un mot algonquien adapté par les Français.
Le nom de chaque État
| État | Langue d’origine | Origine du nom |
|---|---|---|
| Alabama | Muskogéen (alabama, choctaw) | Le nom vient des Alabamas (Alibamus), peuple de langue muskogéenne établi sur la rivière qui porte aujourd'hui leur nom. Les Espagnols puis les Français le transcrivent dès le XVIe siècle. Son sens est discuté : on le rattache souvent au choctaw alba amo , « ceux qui défrichent les fourrés » ou « cueilleurs de plantes », mais cette lecture reste une hypothèse. |
| Alaska | Aléoute (via le russe) | Du mot aléoute alaxsxaq , « le continent », « la terre ferme », par lequel les habitants des îles Aléoutiennes désignaient la péninsule de l'Alaska, par opposition à leurs îles. Les Russes, qui colonisent la région au XVIIIe siècle, en tirent Aliaska . Le nom s'étend ensuite à tout le territoire acheté par les États-Unis en 1867. |
| Arizona | O'odham ou basque (via l'espagnol) | Le nom vient d' Arizonac , un lieu de l'actuel Sonora (Mexique) où d'importants filons d'argent furent découverts vers 1736. Son origine est disputée : la plupart des linguistes y voient l'o'odham ali ṣona-g , « petite source » ; d'autres, le basque aritz ona , « le bon chêne », apporté par des colons basques. L'explication populaire « zone aride » est fausse. |
| Arkansas | Siouan (via l'illinois et le français) | Le nom désigne d'abord les Quapaws , peuple siouan du bas Arkansas, que les Illinois appelaient akansa . Les explorateurs français Marquette et Jolliet le transcrivent en 1673 sous la forme Arcansas , d'où la prononciation « Arkansô », au s final muet, fixée par une loi de l'État en 1881. Le sens premier du mot reste incertain ; il est apparenté au nom des Kansas. |
| Californie | Espagnol | Le nom vient d'un roman de chevalerie espagnol, Las Sergas de Esplandián de Garci Rodríguez de Montalvo (vers 1510), qui décrit une île fabuleuse riche en or, gouvernée par la reine Calafia . Les explorateurs espagnols l'appliquent à la Basse-Californie, qu'ils croient être une île. L'origine du mot forgé par Montalvo (peut-être l'arabe khalifa , « calife ») reste hypothétique . |
| Caroline du Nord | Latin (roi Charles Ier) | « Carolina » vient de Carolus , forme latine de Charles. Le roi Charles Ier d'Angleterre concède en 1629 une province nommée « Carolana » ; son fils Charles II la rebaptise Carolina dans la charte de 1663, si bien que le nom honore les deux souverains. Le nord et le sud de la colonie sont gouvernés séparément à partir de 1712, puis deviennent deux colonies royales en 1729. |
| Caroline du Sud | Latin (roi Charles Ier) | Même origine que la Caroline du Nord : Carolina , du latin Carolus (Charles), en l'honneur de Charles Ier , qui concède la province de « Carolana » en 1629, puis de Charles II , qui la redonne en 1663 à huit lords propriétaires. La capitale coloniale, Charles Town (Charleston), fondée en 1670, porte aussi le nom de Charles II. |
| Colorado | Espagnol | De l'espagnol colorado , « coloré », « rougeâtre », adjectif d'abord donné au fleuve Colorado pour ses eaux chargées de limons rouges. Le Congrès retient ce nom pour le territoire créé en 1861, de préférence à d'autres propositions comme Jefferson ou Idaho. Paradoxe : dans l'État même, le cours supérieur du fleuve s'appelait alors Grand River, jusqu'à son changement de nom en 1921. |
| Connecticut | Algonquien (mohegan-pequot) | Le nom vient du fleuve Connecticut , transcription d'un mot algonquien de la côte est, généralement rapporté au mohegan-pequot quinnitukqut , « au long fleuve à marée ». Certains linguistes l'attribuent plutôt au mahican, langue voisine. L'anglais a conservé une lettre muette : le second c de Connecticut ne se prononce pas. |
| Dakota du Nord | Dakota (sioux) | Du nom des Dakotas , branche orientale de la nation sioux ; dakhóta signifie « alliés » ou « amis ». Le territoire du Dakota, créé en 1861, est divisé en deux États admis le même jour, le 2 novembre 1889. Le président Benjamin Harrison fit mélanger les proclamations avant de les signer : on ignore lequel des deux fut admis le premier. |
| Dakota du Sud | Dakota (sioux) | Comme son voisin du nord, l'État tire son nom des Dakotas (« les alliés »), l'une des trois grandes divisions de la nation sioux avec les Lakotas et les Nakotas. Les Lakotas, majoritaires dans l'ouest de l'État, prononcent le même mot Lakȟóta . Le mot « Sioux », lui, est une abréviation française de Nadouessioux , emprunté à l'ojibwé. |
| Delaware | Anglais (lord De La Warr) | L'État tient son nom de la baie et du fleuve Delaware , baptisés en 1610 en l'honneur de Thomas West, baron De La Warr , premier gouverneur de la colonie de Virginie. Le titre lui-même est d'origine normande (« de la Werre »). Les Anglais ont ensuite appelé « Delawares » les Lenapes qui vivaient le long du fleuve. |
| Floride | Espagnol | Juan Ponce de León aborde la côte en avril 1513, pendant le temps de Pâques, que les Espagnols appellent Pascua Florida , « Pâques fleuries ». Il nomme cette terre La Florida , « la fleurie », en référence à la fête et, selon certains chroniqueurs, à sa végétation. C'est l'un des plus anciens noms de lieux européens encore en usage aux États-Unis. |
| Géorgie | Anglais (roi George II) | La colonie fondée en 1732 par James Oglethorpe est nommée en l'honneur du roi George II de Grande-Bretagne, qui en signe la charte. « Georgia » est une forme féminine latinisée de George, prénom issu du grec geôrgos , « agriculteur ». La Géorgie du Caucase porte le même nom en français par simple homonymie : il n'existe aucun lien entre les deux. |
| Hawaï | Hawaïen | L'État porte le nom de sa plus grande île, Hawaiʻi , dont l'origine est incertaine . La tradition l'attribue à Hawaiʻiloa , navigateur légendaire qui aurait découvert l'archipel. Les linguistes le rapprochent de Hawaiki , patrie mythique des Polynésiens, dont on retrouve des formes voisines ailleurs dans le Pacifique (Savaiʻi aux Samoa). L'apostrophe inversée (ʻokina) note un coup de glotte. |
| Idaho | Inconnue (mot forgé) | Le mot est popularisé vers 1860 par le lobbyiste George M. Willing , qui le présente comme un terme shoshone signifiant « joyau des montagnes », avant de reconnaître, semble-t-il, l'avoir inventé . Une hypothèse plus récente le rattache à l'apache des Plaines ídaahę́ , « ennemi », nom donné aux Comanches. Écarté pour le Colorado en 1861, il est retenu pour le territoire de l'Idaho en 1863. |
| Illinois | Algonquien (miami-illinois) | Le nom vient de la confédération des Illinois (Illiniwek). Les Français l'ont tiré du miami-illinois ilenweewa , « il parle normalement », probablement par l'intermédiaire de l'ottawa, et l'ont doté de la terminaison française « -ois ». La traduction « les hommes » ou « les guerriers », longtemps répandue, repose sur une interprétation aujourd'hui abandonnée . |
| Indiana | Latin moderne | « Indiana » signifie « terre des Indiens », un nom formé avec le suffixe latin -ana , comme Louisiana. Il apparaît en 1768 pour une concession de terres, située dans l'actuelle Virginie-Occidentale, cédée par les Iroquois à des marchands de Pennsylvanie. Le Congrès le reprend en 1800 pour le territoire de l'Indiana. Le mot « Indien » remonte au sanskrit sindhu , nom de l'Indus. |
| Iowa | Siouan (via le français) | Le nom vient du peuple Iowa (Ioway), de langue siouane, que les Français appelaient Aiouez , d'après le dakota ayúxba . Son sens est incertain : la traduction « les endormis » circule sans être établie, et l'interprétation « belle terre » est une invention du XIXe siècle. Les Iowas se désignent eux-mêmes sous le nom de Báxoje . |
| Kansas | Siouan (kansa) | L'État doit son nom à la rivière Kansas , elle-même nommée d'après les Kansas (ou Kaws), peuple siouan de la région. Les Français transcrivent le mot Cansez ou Kansé . Son sens est discuté : on le traduit souvent par « peuple du vent du sud », sans certitude. Le même mot se retrouve dans le nom de l'Arkansas. |
| Kentucky | Iroquoien | L'étymologie est incertaine . Le nom serait d'origine iroquoienne (on cite le sénéca, le mohawk ou le wyandot), avec le sens de « sur la prairie » ou « la prairie ». La traduction « terre sombre et sanglante », attribuée à un chef cherokee, n'est pas retenue par les linguistes. Le nom désigne d'abord la rivière Kentucky, puis le comté de Virginie créé en 1776. |
| Louisiane | Français | En 1682, Cavelier de La Salle descend le Mississippi jusqu'à son embouchure et prend possession de tout son bassin au nom de Louis XIV ; il baptise ce territoire « la Louisiane ». L'État actuel ne couvre qu'une petite partie de cette immense colonie, cédée en partie à l'Espagne en 1762, puis vendue par Bonaparte aux États-Unis en 1803. |
| Maine | Anglais ou français (disputé) | L'origine est disputée . L'explication la plus courante y voit l'anglais main (« le continent », « la terre ferme »), employé par les marins pour distinguer la côte des îles. Une autre renvoie à la province française du Maine ; c'est celle que retient une résolution du parlement de l'État adoptée en 2001. Une troisième évoque le village anglais de Broadmayne. |
| Maryland | Anglais (reine Henriette-Marie) | La charte accordée en 1632 par Charles Ier à Cecil Calvert, lord Baltimore, nomme la colonie Terra Mariae , « terre de Marie », en l'honneur de la reine Henriette-Marie de France , fille d'Henri IV et épouse du roi. Le Maryland porte donc le nom d'une princesse française, appelée Queen Mary à la cour d'Angleterre. |
| Massachusetts | Algonquien (massachusett) | Le nom vient des Massachusetts , peuple algonquien de la région de Boston, et signifie « près de la grande colline » ( muhsachuweesut ). La colline en question est généralement identifiée au Great Blue Hill , au sud de Boston. La colonie de la baie du Massachusetts, fondée par les puritains en 1629-1630, a repris ce nom. |
| Michigan | Ojibwé (via le français) | De l'ojibwé mishigami , « grande eau » ou « grand lac », qui désignait le lac Michigan . Les explorateurs et missionnaires français transcrivent le mot sous diverses formes, tout en appelant aussi ce lac « lac des Illinois ». Le territoire du Michigan, créé en 1805, prend le nom du lac ; l'État est admis dans l'Union en 1837. |
| Minnesota | Dakota | Du dakota mní sóta , « eau trouble » ou « eau couleur de nuage », nom de la rivière Minnesota . La traduction touristique « eau bleu ciel » est une erreur répandue. Le mot mní (« eau ») se retrouve dans d'autres noms de l'État, comme Minneapolis ou Minnetonka. La devise du Minnesota, elle, est en français : « L'Étoile du Nord ». |
| Mississippi | Algonquien (ojibwé ou miami-illinois) | L'État porte le nom du fleuve , transcription française d'un mot algonquien signifiant « grand fleuve » : misi-ziibi en ojibwé, messipi dans les sources françaises sur l'illinois. La traduction « père des eaux », souvent citée, est une interprétation poétique sans fondement linguistique. La Salle avait tenté de rebaptiser le fleuve « rivière Colbert ». |
| Missouri | Algonquien (miami-illinois) | Le nom désigne les Missouris , peuple siouan, mais il est d'origine illinoise : wimihsoorita , « ceux qui ont des pirogues ». Marquette le note en 1673 en l'appliquant au peuple, puis le nom passe à la rivière et à l'État. L'interprétation courante « rivière boueuse » est erronée . La prononciation de la finale (« -ri » ou « -ra ») varie selon les régions de l'État. |
| Montana | Espagnol (via le latin) | De l'espagnol montaña (latin montanus ), « montagne », « région montagneuse ». Le nom est proposé au Congrès en 1864 par James Ashley , représentant de l'Ohio, pour le nouveau territoire, alors que les Grandes Plaines couvrent tout l'est de l'État. D'autres noms avaient été envisagés, dont Shoshone et Jefferson. |
| Nebraska | Siouan (chiwere, omaha) | Du chiwere (langue des Otoes) ñįbraske , ou de l'omaha ní btháska , « eau plate », nom de la rivière Platte . Les Français l'avaient nommée Platte avec exactement le même sens : une rivière large et peu profonde. L'explorateur John C. Frémont popularise la forme amérindienne à partir de 1842. |
| Nevada | Espagnol | De l'espagnol nevada , « enneigée », tiré de la Sierra Nevada , la chaîne qui longe la frontière avec la Californie. Ironie géographique : la quasi-totalité de la Sierra Nevada se trouve en Californie, et le Nevada est l'État le plus sec du pays. Le nom est adopté pour le territoire créé en 1861. |
| New Hampshire | Anglais (comté de Hampshire) | Le capitaine John Mason , qui reçoit la concession en 1629, la nomme d'après le Hampshire , comté du sud de l'Angleterre où il avait vécu comme capitaine du port de Portsmouth. Hampshire dérive du vieil anglais Hamtunscīr , « comté de Hamtun », ancien nom de Southampton. La ville de Portsmouth (New Hampshire) rappelle la même origine. |
| New Jersey | Anglais (île de Jersey) | La province est nommée en 1664 d'après l' île de Jersey , dans la Manche, en l'honneur de George Carteret , l'un de ses deux propriétaires, natif de l'île qu'il avait défendue pour les Stuart pendant la guerre civile anglaise. Jersey vient probablement du vieux norrois ( Geirrsey , « île de Geirr »). Les actes latins emploient la forme Nova Caesarea . |
| New York | Anglais (duc d'York) | En 1664, les Anglais s'emparent de la Nouvelle-Amsterdam et rebaptisent la colonie en l'honneur de Jacques, duc d'York (futur roi Jacques II), frère de Charles II, qui lui en avait fait don. York remonte au latin Eboracum , lui-même d'origine celtique, probablement « lieu des ifs ». La ville et l'État partagent ce nom. |
| Nouveau-Mexique | Nahuatl (via l'espagnol) | Les Espagnols baptisent Nuevo México les terres du haut Rio Grande dès les années 1560, dans l'espoir d'y trouver des richesses comparables à celles de l'Empire aztèque. México vient du nahuatl Mēxihco , le pays des Mexicas, dont le sens exact reste discuté . Le nom est donc antérieur de plus de deux siècles à l'indépendance du Mexique (1821). |
| Ohio | Sénéca (iroquoien) | Du sénéca ohi:yo' , « grande rivière » ou « grand cours d'eau », nom de la rivière Ohio . Les Français, qui l'empruntent aux Iroquois, le rendent par « la Belle Rivière », une traduction approximative devenue célèbre. Les Sénécas appliquaient le même nom à l'Allegheny, qu'ils considéraient comme le cours supérieur de l'Ohio. |
| Oklahoma | Choctaw | Du choctaw okla , « peuple », et homma , « rouge » : « peuple rouge ». Le nom est proposé en 1866 par Allen Wright , chef principal de la nation choctaw, lors des négociations de traités avec le gouvernement fédéral, comme équivalent de « Territoire indien ». Il est repris pour le territoire de l'Oklahoma en 1890, puis pour l'État en 1907. |
| Oregon | Inconnue (disputée) | L'origine est inconnue . Le mot apparaît en 1765 sous la forme Ouragon dans une pétition du major Robert Rogers au roi George III, pour désigner un fleuve supposé de l'Ouest. Les hypothèses abondent : déformation de Ouisconsink sur une carte française, mot amérindien, espagnol orejón (« grandes oreilles »). Aucune n'est démontrée. |
| Pennsylvanie | Gallois et latin | « Bois de Penn » : le roi Charles II accorde en 1681 la colonie au quaker William Penn , en règlement d'une dette envers son père, l'amiral William Penn. Penn proposait Sylvania (du latin silva , « forêt ») ; le roi y ajouta le nom de l'amiral. Le patronyme Penn dérive probablement du gallois pen , « tête », « sommet ». |
| Rhode Island | Néerlandais ou grec (disputé) | Deux explications coexistent . En 1524, Giovanni da Verrazzano compare une île de la région à l'île grecque de Rhodes . Le navigateur néerlandais Adriaen Block aurait de son côté nommé Roodt Eylandt , « île rouge », une île à la terre rougeâtre. Le nom s'applique d'abord à l'île d'Aquidneck, où se trouve Newport, avant de désigner toute la colonie. |
| Tennessee | Cherokee | Le nom vient de Tanasi , village cherokee de la vallée de la Little Tennessee, mentionné par l'expédition espagnole de Juan Pardo en 1567 sous la forme Tanasqui . Son sens est inconnu , et le mot est peut-être antérieur aux Cherokees eux-mêmes. L'orthographe actuelle est popularisée dans les années 1750 par James Glen, gouverneur de la Caroline du Sud. |
| Texas | Caddo | Du caddo táyshaʔ , « ami », « allié ». Les Hasinais (Caddos) saluaient les Espagnols de ce mot ; ceux-ci le prirent pour le nom d'un peuple, voire d'un royaume, qu'ils écrivirent Tejas ou Texas , le x de l'espagnol ancien se prononçant « ch ». La devise de l'État, Friendship (« amitié »), adoptée en 1930, rappelle cette origine. |
| Utah | Ute (via l'espagnol) | Le nom vient des Utes , que les Espagnols appelaient Yutas . L'origine du mot est discutée : on le rattache souvent à l'apache occidental yúdah , « haut », d'où la traduction erronée « peuple des montagnes ». Les Utes se désignent eux-mêmes par le terme Núuchi . Les mormons avaient proposé « Deseret », que le Congrès refusa en 1850. |
| Vermont | Français | Du français vert mont , « montagne verte », allusion aux Green Mountains qui forment l'épine dorsale de l'État. Le nom est proposé en 1777 par le docteur Thomas Young , de Philadelphie, dans un français approximatif (on dirait plutôt « mont vert »). L'attribution à Samuel de Champlain, qui explora la région en 1609, relève de la légende . |
| Virginie | Latin (reine Élisabeth Ire) | Walter Raleigh nomme la région en 1584-1585 en l'honneur d' Élisabeth Ire , la « reine vierge », qui ne s'était jamais mariée. Virginia est un mot latin signifiant « terre de la Vierge ». Il désigne d'abord toute la côte atlantique revendiquée par l'Angleterre. Une hypothèse y voit aussi un écho au nom d'un chef local, Wingina. |
| Virginie-Occidentale | Latin (reine Élisabeth Ire) | « Virginie de l'Ouest » : les comtés du nord-ouest de la Virginie, hostiles à la sécession, s'en séparent en 1861 et sont admis dans l'Union en 1863. La convention de Wheeling adopte d'abord le nom de Kanawha , d'après la rivière, avant de lui préférer West Virginia. Le nom renvoie donc, comme celui de la Virginie, à la reine Élisabeth Ire. |
| Washington | Anglais (George Washington) | C'est le seul État nommé d'après un président, George Washington . En 1853, le Congrès préfère ce nom à « Columbia », proposé par les habitants, pour éviter toute confusion avec le District of Columbia, confusion que le nom Washington a finalement produite. Le patronyme vient du village de Washington, dans le comté de Durham, en Angleterre. |
| Wisconsin | Algonquien (miami-illinois) | Le nom vient de la rivière Wisconsin , notée Meskousing par Marquette en 1673, puis Ouisconsin par les Français. Selon le linguiste Michael McCafferty, il viendrait du miami-illinois meskonsing , « elle coule à travers un lieu rouge », allusion aux grès de la vallée. Une autre hypothèse invoque l'ojibwé. Le sens reste discuté . |
| Wyoming | Algonquien (munsee) | Le nom est emprunté à la vallée de Wyoming , en Pennsylvanie, rendue célèbre par le poème Gertrude of Wyoming (1809). Il vient du munsee, langue des Lenapes, xwé:wamənk , « à la grande plaine fluviale ». Il n'a aucun lien avec les peuples de l'actuel Wyoming. James Ashley, représentant de l'Ohio, le propose au Congrès en 1865. |
Les noms amérindiens : fleuves et peuples
La plupart des noms amérindiens désignaient d'abord un cours d'eau : Mississippi (« grand fleuve »), Ohio (« grande rivière »), Minnesota (« eau trouble »), Nebraska (« eau plate »), Connecticut (« long fleuve à marée »), Wisconsin, Kansas ou Missouri. Les explorateurs remontaient les rivières et nommaient les territoires d'après elles ; voir les fleuves des États-Unis.
D'autres reprennent le nom d'un peuple : les Alabamas, les Illinois, les Iowas, les Dakotas, les Utes, les Massachusetts. Ces noms sont souvent des exonymes, c'est-à-dire des noms donnés par des voisins : « Missouri » est un mot illinois désignant un autre peuple, et l'Arkansas tire son nom de la façon dont les Illinois appelaient les Quapaws. Pour l'histoire de ces nations, consultez la page sur les Amérindiens.
Deux noms font exception : Oklahoma, composé délibérément en choctaw en 1866 pour traduire « Territoire indien », et Wyoming, mot munsee de Pennsylvanie transplanté à plus de 2 000 km de sa région d'origine.
L'héritage français
Deux États portent un nom français : la Louisiane, baptisée en 1682 par Cavelier de La Salle en l'honneur de Louis XIV, et le Vermont, de « vert mont ». Mais l'influence française est bien plus large : les orthographes d'Illinois, Arkansas, Wisconsin (Ouisconsin), Michigan ou Iowa viennent des transcriptions des explorateurs et missionnaires de la Nouvelle-France. Le Maryland, lui, honore une princesse française, Henriette-Marie, fille d'Henri IV. Le sujet est détaillé dans la page sur les noms de lieux français aux États-Unis.
Rois, reines et personnages
Onze États portent le nom d'une personne. Les colonies anglaises honorent leurs souverains : Élisabeth Ire (Virginie, puis Virginie-Occidentale), Charles Ier et Charles II (les deux Carolines), George II (Géorgie), la reine Henriette-Marie (Maryland), le duc d'York, futur Jacques II (New York). S'y ajoutent Louis XIV (Louisiane), lord De La Warr (Delaware), l'amiral Penn (Pennsylvanie) et George Washington, seul président à avoir donné son nom à un État. Ces fondations sont racontées dans la page sur les treize colonies.
Étymologies populaires à oublier
- Arizona ne veut pas dire « zone aride ».
- Mississippi ne signifie pas « père des eaux », mais « grand fleuve ».
- Idaho ne veut pas dire « joyau des montagnes » : le mot a vraisemblablement été inventé.
- Ohio n'est pas « la belle rivière » : c'est la traduction approximative des Français.
- Kentucky ne signifie pas « terre sombre et sanglante ».
Questions fréquentes
Combien d'États ont un nom amérindien ?
Vingt-deux de façon établie, auxquels s'ajoutent l'Alaska (aléoute), Hawaï (hawaïen) et probablement l'Arizona. Les spécialistes avancent donc généralement un chiffre proche de la moitié des États.
Quels États ont un nom d'origine française ?
La Louisiane (Louis XIV) et le Vermont (« vert mont »). Le Maine pourrait aussi devoir son nom à la province française, mais cette origine est disputée.
Quel État porte le nom d'un président ?
Seul l'État de Washington, nommé en 1853 en l'honneur de George Washington.
Quel nom d'État a une origine inconnue ?
L'Oregon. Le mot apparaît en 1765 sous la forme « Ouragon », sans qu'aucune hypothèse sur son origine soit démontrée.