L'économie des États-Unis : structure et repères
Les États-Unis sont la première économie mondiale depuis la fin du XIXe siècle et pèsent environ un quart du PIB mondial. Une économie de services tirée par la consommation, appuyée sur le dollar, Wall Street et l'innovation technologique.
Les repères de l'économie américaine
Les États-Unis ont dépassé le Royaume-Uni comme première puissance industrielle dans les années 1880 et n'ont plus quitté le premier rang mondial en PIB nominal. Leur production représente depuis des décennies autour d'un quart de la richesse mondiale, pour à peine plus de 4 % de la population de la planète.
- Monnaie
- dollar américain (USD), première monnaie de réserve
- Banque centrale
- Réserve fédérale, créée en 1913
- Population
- 331,4 millions (recensement 2020)
- Exercice budgétaire fédéral
- du 1er octobre au 30 septembre
- Grandes Bourses
- NYSE et Nasdaq, à New York
- Statistiques officielles
- BEA, BLS, Census Bureau, Trésor
Pour mesurer l'écart avec la France : le PIB américain représente de l'ordre de dix fois le PIB français pour une population environ cinq fois plus nombreuse. Le revenu par habitant y est donc nettement supérieur, mais la santé, les études et le logement restent en grande partie à la charge des ménages (voir le coût de la vie aux États-Unis).
Où trouver les derniers chiffres
Les statistiques économiques américaines sont produites par des agences fédérales indépendantes et publiées selon un calendrier fixé à l'avance. Les chiffres bougent chaque mois ; les sources, elles, restent les mêmes.
| Indicateur | Agence | Fréquence | À savoir |
|---|---|---|---|
| PIB et croissance | Bureau of Economic Analysis (BEA) | Trimestrielle, trois estimations successives | Taux exprimés en rythme annualisé |
| Emploi et chômage | Bureau of Labor Statistics (BLS) | Mensuelle (rapport « Employment Situation ») | Publié en général le premier vendredi du mois |
| Inflation (CPI) | BLS | Mensuelle | La Fed préfère l'indice PCE, publié par le BEA |
| Commerce extérieur | BEA et Census Bureau | Mensuelle | Biens et services séparés |
| Dette fédérale | Trésor (« Debt to the Penny ») | Quotidienne | Dette brute et dette détenue par le public |
| Taux directeur | Réserve fédérale (FOMC) | Huit réunions par an | Voir la Réserve fédérale |
Attention à la convention américaine : les taux de croissance trimestriels sont exprimés en rythme annualisé, c'est-à-dire comme si la progression du trimestre se répétait quatre fois. Une hausse de 2 % « à l'américaine » correspond à environ 0,5 % d'un trimestre sur l'autre, la façon dont l'Insee présente la croissance française. La base FRED de la Fed de Saint-Louis rassemble gratuitement toutes ces séries historiques.
Une économie de services tirée par la consommation
Les services représentent environ quatre cinquièmes de la valeur ajoutée : finance, santé, commerce, immobilier, logiciels, divertissement. L'industrie manufacturière, qui employait près d'un salarié sur trois dans les années 1950, n'en emploie plus qu'environ un sur douze, même si sa production en volume reste parmi les premières du monde.
La consommation des ménages pèse environ les deux tiers du PIB, davantage qu'en France. C'est pourquoi les ventes de détail, la confiance des consommateurs et les grandes périodes d'achat comme le Black Friday après Thanksgiving sont scrutées comme des indicateurs avancés. Le crédit à la consommation (cartes de crédit, prêts auto et étudiants) y est beaucoup plus développé qu'en Europe.
Le marché du travail est flexible : licenciements faciles, peu de préavis, mobilité géographique élevée. Le chômage monte vite en récession et redescend vite en reprise. En contrepartie, la protection sociale est limitée : pas de congés payés légaux, assurance santé liée à l'employeur, retraite publique complétée par l'épargne individuelle (plans 401(k)).
Les grandes étapes depuis 1929
- 1929-1939 : la crise de 1929 ouvre la Grande Dépression ; le New Deal de Franklin D. Roosevelt crée la Sécurité sociale (1935), le salaire minimum fédéral (1938) et encadre la finance.
- 1945-1973 : les « Trente Glorieuses » américaines, portées par l'industrie, la consommation de masse et un dollar au centre du système de Bretton Woods.
- 1971-1982 : fin de la convertibilité en or du dollar, chocs pétroliers, stagflation, puis remède de choc de la Fed de Paul Volcker.
- 1990-2000 : décennie de croissance portée par l'informatique et Internet, jusqu'à l'éclatement de la bulle en 2000.
- 2007-2009 : crise des subprimes et faillite de Lehman Brothers, plus grave récession depuis les années 1930.
- 2020 : récession éclair liée au Covid-19, suivie d'une reprise rapide et d'une poussée d'inflation en 2021-2022, la plus forte depuis le début des années 1980.
Les récessions sont datées officiellement, souvent après coup, par un comité d'économistes du National Bureau of Economic Research (NBER), et non par la règle européenne des deux trimestres de recul.
Dette et déficit public
L'État fédéral est en déficit presque chaque année depuis les années 1970, à l'exception de la fin des années 1990. La dette fédérale brute comprend la dette détenue par le public (investisseurs, banques centrales étrangères, Fed) et des créances entre administrations, notamment celles des fonds de la Sécurité sociale. Sa grande force est d'être émise en dollars, la monnaie que le monde entier utilise.
Depuis 1917, le Congrès fixe un plafond légal de la dette (debt ceiling) qu'il doit relever régulièrement, source de crises politiques à répétition et de menaces de défaut. Les intérêts sont devenus l'un des premiers postes du budget fédéral. Détails et comparaison avec la France sur la page dette publique américaine.
Commerce extérieur : un déficit structurel
Les États-Unis accusent un déficit commercial chaque année depuis 1976. Il porte sur les biens (électronique, automobiles, médicaments, vêtements), tandis que les services (finance, logiciels, tourisme, propriété intellectuelle) dégagent un excédent. Ce déficit est financé par l'afflux de capitaux étrangers attirés par les actifs américains et le dollar.
Les premiers partenaires commerciaux pour les biens sont traditionnellement le Mexique, le Canada, la Chine et l'Union européenne, liés aux États-Unis par des chaînes de production très intégrées en Amérique du Nord. Le déficit avec la Chine, l'Union européenne et le Mexique alimente régulièrement les débats sur les droits de douane, dont le président peut fixer une grande partie en vertu de lois déléguant ce pouvoir du Congrès.
Les secteurs clés
- Technologie et numérique : les géants du numérique figurent parmi les plus grosses capitalisations mondiales ; la Silicon Valley concentre le capital-risque et l'intelligence artificielle.
- Finance : Wall Street abrite les deux premières Bourses du monde et le dollar domine les réserves de change mondiales.
- Santé et biotechnologies : premier marché pharmaceutique mondial, avec les pôles de Boston et de San Francisco (voir la biotech américaine).
- Énergie : grâce au pétrole et au gaz de schiste, les États-Unis sont devenus dans les années 2010 le premier producteur mondial de pétrole et de gaz naturel (voir pétrole et énergie).
- Agriculture et agroalimentaire : l'un des premiers exportateurs mondiaux de maïs et de soja (voir agriculture américaine).
Géographiquement, trois États produisent à eux seuls plus d'un quart du PIB : la Californie, le Texas et l'État de New York. Le salaire minimum fédéral, fixé en 1938, sert de plancher, mais beaucoup d'États et de villes appliquent un minimum plus élevé : voir le salaire minimum aux États-Unis. Pour les entreprises, voir les grandes entreprises américaines.
Questions fréquentes
Quel est le PIB des États-Unis ?
Le PIB américain est le premier du monde et représente environ un quart du PIB mondial, de l'ordre de dix fois celui de la France. Le chiffre le plus récent est publié chaque trimestre par le Bureau of Economic Analysis (bea.gov).
Où trouver le taux de chômage américain ?
Sur le site du Bureau of Labor Statistics (bls.gov), qui publie le rapport mensuel sur l'emploi, en général le premier vendredi du mois à 8 h 30 heure de Washington, soit 14 h 30 à Paris.
Comment est mesurée l'inflation aux États-Unis ?
Le chiffre le plus médiatisé est l'indice des prix à la consommation (CPI) du BLS. La Réserve fédérale vise 2 % d'inflation mesurée par un autre indice, le PCE, publié par le BEA. Les deux existent aussi en version « sous-jacente », hors énergie et alimentation.
Qui décide qu'il y a une récession aux États-Unis ?
Un comité du National Bureau of Economic Research, organisme privé et non partisan. Il s'appuie sur l'emploi, les revenus, la production et la consommation, et non sur la seule règle des deux trimestres de baisse du PIB.
Quels sont les premiers partenaires commerciaux des États-Unis ?
Pour les biens, le Mexique, le Canada, la Chine et l'Union européenne occupent traditionnellement les premières places. Le classement exact varie d'une année à l'autre ; il est publié par le Census Bureau.