Quel visa pour les États-Unis ? Types et démarches
Pour un séjour touristique de moins de 90 jours, l'ESTA suffit. Pour étudier, travailler, investir ou rester plus longtemps, il faut un visa adapté à votre projet, demandé auprès de l'ambassade américaine, en règle générale après un entretien en personne.
ESTA ou visa : la question à se poser d'abord
L'ESTA couvre le tourisme, les visites familiales, le transit et les réunions d'affaires (négociation, salon, conférence) pendant 90 jours au plus. Elle ne permet ni de travailler, même à distance pour un client américain, ni de suivre une formation diplômante, ni de faire un stage. Dès que votre projet dépasse ce cadre, ou si votre ESTA a été refusée, vous avez besoin d'un visa de non-immigrant. Pour une installation définitive, il faut un visa d'immigrant, c'est-à-dire une green card.
Le droit américain part d'un principe simple : tout demandeur de visa de non-immigrant est présumé vouloir s'installer, et c'est à lui de prouver le contraire (attaches en France, emploi, logement, billet retour). C'est la cause la plus fréquente de refus d'un visa B2.
Les principaux visas et leur objet
| Visa | Pour qui | Document préalable | Durée typique |
|---|---|---|---|
| B1/B2 | Affaires et tourisme (ESTA refusée, séjour de plus de 90 jours) | Aucun | Jusqu'à 6 mois par séjour |
| F1 | Étudiant dans une université ou école agréée | Formulaire I-20 | Durée du programme d'études |
| J1 | Échange : stagiaire, chercheur, au pair, jeune professionnel | Formulaire DS-2019 | Selon le programme (12 à 18 mois pour un stage) |
| H-1B | Salarié qualifié (diplôme bac +4 minimum) parrainé par un employeur | Pétition I-797 approuvée | 3 ans, renouvelable une fois |
| L1 | Mutation interne au sein d'un groupe | Pétition I-797 approuvée | Jusqu'à 7 ans (L1A) |
| O1 | Talent exceptionnel (sciences, arts, sport) | Pétition I-797 approuvée | 3 ans renouvelables |
| E2 | Investisseur créant ou rachetant une entreprise | Dossier d'investissement | Jusqu'à 5 ans renouvelables |
Chaque demande donne lieu à des frais de dossier (MRV fee), payés avant le rendez-vous et non remboursables, même en cas de refus. Leur montant dépend de la catégorie de visa et peut s'accompagner d'autres frais (SEVIS pour les étudiants et participants à un échange, frais de réciprocité ou de délivrance selon la nationalité). Ces montants sont révisés régulièrement : consultez la page « Fees for visa services » du Département d'État et le site de l'ambassade avant de payer.
Visas d'études et d'échange : F1 et J1
Le F1 suppose une admission dans un établissement certifié, qui émet le formulaire I-20, et la preuve de fonds suffisants pour l'année (frais de scolarité et vie courante). Le J1 passe par un organisme sponsor agréé par le Département d'État, qui émet le DS-2019 : c'est le visa des stages en entreprise, des programmes au pair, des chercheurs invités et des moniteurs de colonies. Certains J1 sont soumis à une obligation de retour de deux ans dans le pays d'origine avant de pouvoir demander certains autres visas. Pour les détails, voir nos pages étudier aux États-Unis et travailler aux États-Unis.
Les étudiants et participants à un échange font l'objet d'un suivi particulier : enregistrement dans la base SEVIS, contrôles renforcés lors de la demande, conditions de séjour (durée d'admission, travail sur le campus, stage pratique) fixées par des règles qui évoluent. Vérifiez auprès de l'établissement d'accueil et de l'ambassade les exigences en vigueur au moment de votre dossier.
Visas de travail : H-1B, L1, E2
Le H-1B est contingenté par un plafond annuel fixé par le Congrès et attribué par tirage au sort au printemps, après enregistrement par l'employeur. C'est l'employeur qui dépose la pétition et supporte l'essentiel des frais, qui peuvent être très élevés ; les conditions de ce visa sont parmi les plus sensibles aux décisions politiques, ce qui le rend incertain pour un recrutement depuis la France.
Le L1 est la voie la plus simple pour un salarié d'un groupe présent des deux côtés de l'Atlantique (au moins un an d'ancienneté dans l'entité étrangère sur les trois dernières années). L'E2 est ouvert aux nationaux des pays signataires d'un traité de commerce, dont la France, la Belgique et la Suisse : il faut investir une somme « substantielle » (aucun minimum légal, l'appréciation se fait au regard de la nature de l'entreprise) dans une activité réelle que l'on dirige. L'O1 récompense un parcours reconnu : prix, publications, presse, salaires élevés.
Les démarches étape par étape
- Obtenir le document de base si votre visa en exige un : I-20 (F1), DS-2019 (J1), pétition I-797 approuvée par l'USCIS (H-1B, L1, O1).
- Remplir le formulaire DS-160 en ligne, en anglais, avec une photo d'identité conforme (5 x 5 cm, fond blanc). Il porte sur l'état civil, l'historique de voyages et d'emploi, la famille et les questions de sécurité ; répondez exactement à ce qui est demandé le jour de la demande.
- Payer les frais et prendre rendez-vous sur le portail de l'ambassade.
- Passer l'entretien à l'ambassade des États-Unis à Paris (avenue Gabriel), à Bruxelles ou à Berne. Les conditions de dispense d'entretien varient selon les périodes et les catégories : ne comptez pas dessus et vérifiez sur le site de l'ambassade.
- Remettre le passeport : il est renvoyé avec le visa collé, en général sous une à deux semaines si aucun contrôle administratif complémentaire n'est demandé.
Ne réservez pas de vol non remboursable avant d'avoir le visa. Un contrôle administratif (formulaire 221(g)) peut bloquer un dossier plusieurs semaines. Les délais de rendez-vous, publiés sur le site du Département d'État, varient de quelques jours à plusieurs mois selon le type de visa et la saison.
Ce qui fait échouer une demande
- Attaches insuffisantes avec le pays de résidence (article 214(b) de la loi sur l'immigration) : c'est le motif de refus le plus courant.
- Incohérences entre le DS-160, une ancienne demande d'ESTA et les réponses à l'entretien.
- Antécédents : dépassement de séjour lors d'un voyage précédent, condamnations, travail non autorisé sous ESTA.
- Dossier inadapté : demander un B2 pour suivre une formation ou faire un stage.
Un refus n'empêche pas de redemander, mais une nouvelle demande n'a de chances que si la situation ou le dossier a réellement changé.
À l'arrivée : visa et I-94
Le visa autorise à se présenter à la frontière, il ne fixe pas la durée du séjour. Celle-ci est inscrite sur l'I-94 électronique, consultable sur i94.cbp.dhs.gov après l'arrivée. Dépasser cette date, même de quelques jours, annule le visa et peut entraîner une interdiction de retour de trois ou dix ans en cas de dépassement de plus de 180 jours ou d'un an. Pour le passage de la frontière, voir aussi notre page sur la douane américaine et, sur le contexte politique, notre dossier immigration aux États-Unis.
Questions fréquentes
Combien coûte un visa touristique pour les États-Unis ?
Le visa B2 donne lieu à des frais de dossier non remboursables, auxquels d'autres frais peuvent s'ajouter selon les règles en vigueur. Les montants sont publiés par le Département d'État et l'ambassade. Pour un séjour touristique de moins de 90 jours, l'ESTA, bien moins chère, suffit.
Peut-on faire un stage aux États-Unis avec une ESTA ?
Non, même non rémunéré. Un stage exige un visa J1 obtenu via un organisme sponsor agréé.
Combien de temps faut-il pour obtenir un visa ?
Comptez de quelques semaines à plusieurs mois : délai de rendez-vous, entretien, puis une à deux semaines pour récupérer le passeport. Pour un H-1B ou un L1, la pétition auprès de l'USCIS s'ajoute en amont.
Où passe-t-on l'entretien de visa depuis la France ?
À l'ambassade des États-Unis à Paris. Les résidents belges passent par l'ambassade à Bruxelles, les résidents suisses par celle de Berne.