Élection présidentielle américaine de 1796
John Adams remporte l’élection de 1796 face à Thomas Jefferson : résultats, carte État par État et enjeux du scrutin.
- Date
- 4 novembre 1796
- Élu
- John Adams (Fédéraliste)
- Grands électeurs
- 71 sur 254
- Vote populaire
- Pas de vote populaire national
- Principal adversaire
- Thomas Jefferson
Résultats
| Candidat | Parti | Grands électeurs | Voix | % |
|---|---|---|---|---|
| John Adams ✔ | Fédéraliste | 71 | — | — |
| Thomas Jefferson | Démocrate-républicain | 68 | — | — |
| Thomas Pinckney | Fédéraliste | 59 | — | — |
| Aaron Burr | Démocrate-républicain | 30 | — | — |
| Samuel Adams | Démocrate-républicain | 15 | — | — |
| Oliver Ellsworth | Fédéraliste | 11 | — | — |
Carte des résultats par État
- John Adams (Fédéraliste)
- Thomas Jefferson (Démocrate-républicain)
- Pas encore un État
Chaque grand électeur dispose de deux voix (système d'avant le 12e amendement). La carte attribue chaque État au candidat principal (Adams ou Jefferson) ayant reçu des voix de la majorité de ses électeurs. Plusieurs États sont partagés : le Maryland donne 7 voix à Adams et 4 à Jefferson, la Pennsylvanie 14 à Jefferson et une à Adams, la Caroline du Nord 11 à Jefferson et une à Adams, la Virginie 20 à Jefferson et une à Adams. La Caroline du Sud vote Jefferson et Thomas Pinckney.
Les 22 voix restantes se dispersent : George Clinton 7, John Jay 5, James Iredell 3, John Henry 2, Samuel Johnston 2, George Washington 2, Charles Cotesworth Pinckney 1.
Contexte
En septembre 1796, George Washington annonce dans son discours d'adieu qu'il ne briguera pas de troisième mandat et met en garde contre l'esprit de parti. Pour la première fois, la présidence est réellement disputée. Les fédéralistes, au pouvoir, défendent le programme d'Hamilton et le traité Jay de 1794, qui a apaisé les relations avec la Grande-Bretagne ; les démocrates-républicains y voient une trahison envers la France, alliée de la guerre d'Indépendance.
L'Union compte 16 États depuis l'admission du Tennessee le 1er juin 1796, soit 138 grands électeurs. Les règles d'origine compliquent le jeu : chaque électeur vote pour deux noms sans préciser lequel doit être président. Chaque parti présente donc deux candidats, en espérant qu'un électeur discipliné « gaspille » sa seconde voix pour que le chef de file devance son colistier.
Campagne
Les fédéralistes se rangent derrière le vice-président John Adams, associé à Thomas Pinckney, ancien gouverneur de Caroline du Sud et négociateur d'un traité avec l'Espagne. Les démocrates-républicains soutiennent Thomas Jefferson, avec le sénateur new-yorkais Aaron Burr. Aucun des deux hommes ne fait campagne lui-même, mais la presse partisane est virulente : les fédéralistes présentent Jefferson comme un athée, un lâche pendant la guerre et un admirateur des excès de la Révolution française ; les républicains accusent Adams de vouloir instaurer une monarchie.
Le ministre de France à Philadelphie, Pierre Adet, intervient ouvertement en faveur de Jefferson peu avant le scrutin, ce qui embarrasse son camp. Hamilton, qui se méfie d'Adams, espère faire élire Pinckney en lui obtenant les secondes voix du Sud ; plusieurs électeurs de Nouvelle-Angleterre refusent alors de voter pour Pinckney.
Résultat et conséquences
John Adams est élu avec 71 voix, une de plus que la majorité requise (70). Il rafle la Nouvelle-Angleterre, le New York, le New Jersey et le Delaware, et obtient 7 des 10 voix du Maryland. Jefferson, deuxième avec 68 voix grâce au Sud, à la Pennsylvanie et à l'Ouest (Kentucky, Tennessee), devient vice-président. Thomas Pinckney finit troisième avec 59 voix, Burr quatrième avec 30 ; 48 voix se dispersent sur neuf autres noms.
C'est la seule élection qui ait produit un président et un vice-président issus de camps opposés. La cohabitation tourne mal : la « quasi-guerre » navale contre la France, puis les lois sur les étrangers et la sédition de 1798, dressent Jefferson contre Adams. Le scrutin installe aussi pour deux décennies l'opposition entre une Nouvelle-Angleterre fédéraliste et un Sud républicain, les États du centre faisant la décision.
Vainqueur dans chaque État
| État | Grands électeurs remportés par |
|---|---|
| Caroline du Nord | Thomas Jefferson |
| Caroline du Sud | Thomas Jefferson |
| Connecticut | John Adams |
| Delaware | John Adams |
| Géorgie | Thomas Jefferson |
| Kentucky | Thomas Jefferson |
| Maryland | John Adams |
| Massachusetts | John Adams |
| New Hampshire | John Adams |
| New Jersey | John Adams |
| New York | John Adams |
| Pennsylvanie | Thomas Jefferson |
| Rhode Island | John Adams |
| Tennessee | Thomas Jefferson |
| Vermont | John Adams |
| Virginie | Thomas Jefferson |
Questions fréquentes
Pourquoi le président et le vice-président élus en 1796 étaient-ils adversaires ?
Parce que chaque grand électeur votait pour deux noms et que le deuxième du classement devenait vice-président. Adams (71 voix) a été élu président et Jefferson (68 voix), son rival, vice-président. Le 12e amendement de 1804 a mis fin à ce système.
Quelle était la marge d'Adams en 1796 ?
Une seule voix : il lui fallait 70 grands électeurs sur 138 et il en a obtenu 71. Trois électeurs isolés en Pennsylvanie, en Virginie et en Caroline du Nord lui ont donné leur voix alors que leur État votait pour Jefferson.
Y a-t-il eu un vote populaire en 1796 ?
Dans certains États seulement : la majorité des grands électeurs étaient encore désignés par les législatures. Il n'existe donc pas de résultat national en voix comparable aux élections modernes.