Les batailles qui ont fait l'histoire des États-Unis

De Lexington (1775) à Midway (1942), quinze batailles ont décidé de l'indépendance, de l'unité et du rang mondial des États-Unis. Chaque fiche donne dates, commandants, forces, pertes estimées, déroulement, conséquences et lieux à visiter.

Mis à jour le

Les fiches s'appuient sur les estimations du National Park Service, qui gère la plupart des champs de bataille, et de l'American Battlefield Trust. Les effectifs et les pertes sont donnés en fourchettes lorsque les sources divergent, en particulier pour les armées confédérées, les milices et les combattants amérindiens.

La guerre d'indépendance (1775-1783)

La guerre s'ouvre le 19 avril 1775 à Lexington et Concord, où les milices du Massachusetts harcèlent une colonne britannique, puis à Bunker Hill, victoire britannique si coûteuse qu'elle fige le siège de Boston. La capitulation de Burgoyne à Saratoga, en octobre 1777, décide la France à signer l'alliance de 1778. Quatre ans plus tard, le siège de Yorktown réunit l'armée de Washington, le corps expéditionnaire de Rochambeau et la flotte du comte de Grasse : la capitulation de Cornwallis met fin aux grandes opérations. Le rôle français est détaillé dans notre page sur l'armée française dans la guerre d'indépendance ; pour le conflit dans son ensemble, voir la guerre d'indépendance.

La jeune république et la frontière (1815-1836)

Le 8 janvier 1815, l'armée d'Andrew Jackson, renforcée par la milice créole francophone, des hommes libres de couleur et les flibustiers de Jean Lafitte, écrase les Britanniques à La Nouvelle-Orléans, après la signature mais avant la ratification de la paix qui clôt la guerre de 1812. En 1836, le siège de Fort Alamo, perdu par les Texiens, devient le cri de ralliement de l'indépendance du Texas.

La guerre de Sécession (1861-1865)

La guerre la plus meurtrière de l'histoire américaine commence sans un mort au combat, avec le bombardement de Fort Sumter en avril 1861. La première bataille de Bull Run dissipe trois mois plus tard l'illusion d'une guerre courte, et Shiloh, en avril 1862, révèle l'ampleur du carnage : près de 24 000 victimes en deux jours. Antietam, le 17 septembre 1862, reste la journée la plus sanglante de l'histoire militaire américaine ; elle permet à Lincoln d'annoncer l'émancipation des esclaves. Début juillet 1863, la défaite de Lee à Gettysburg et la chute de Vicksburg, qui livre le Mississippi à l'Union, marquent le tournant du conflit. Voir aussi la guerre de Sécession.

Les guerres indiennes

Le 25 juin 1876, à Little Bighorn, dans le Montana, des guerriers lakotas, cheyennes et arapahos anéantissent le détachement de Custer. Cette victoire, la plus nette des nations des Plaines, entraîne une répression qui leur fait perdre les Black Hills. Le contexte est développé dans notre page sur la conquête de l'Ouest.

La Seconde Guerre mondiale dans le Pacifique

L'attaque japonaise contre Pearl Harbor, le 7 décembre 1941, fait plus de 2 400 morts et précipite les États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale. Six mois plus tard, à Midway, les bombardiers en piqué américains coulent les quatre porte-avions japonais engagés : la guerre du Pacifique bascule.

Les quinze batailles en un tableau

BatailleGuerreDateIssue
Batailles de Lexington et ConcordGuerre d'indépendance1775Retraite britannique, début de la guerre
Bataille de Bunker HillGuerre d'indépendance1775Victoire britannique
Bataille de SaratogaGuerre d'indépendance1777Victoire américaine, capitulation de Burgoyne
Siège de YorktownGuerre d'indépendance1781Victoire franco-américaine, capitulation de Cornwallis
Bataille de La Nouvelle-OrléansGuerre de 18121814Victoire américaine
Siège de Fort AlamoRévolution texane1836Victoire mexicaine
Bataille de Fort SumterGuerre de Sécession1861Victoire confédérée, reddition du fort
Première bataille de Bull RunGuerre de Sécession1861Victoire confédérée
Bataille de ShilohGuerre de Sécession1862Victoire de l'Union
Bataille d'AntietamGuerre de Sécession1862Victoire stratégique de l'Union, tactiquement indécise
Siège de VicksburgGuerre de Sécession1863Victoire de l'Union, capitulation de la garnison
Bataille de GettysburgGuerre de Sécession1863Victoire de l'Union
Bataille de Little BighornGuerres indiennes (Grande Guerre sioux)1876Victoire lakota, cheyenne et arapaho
Attaque de Pearl HarborSeconde Guerre mondiale1941Victoire tactique japonaise, entrée en guerre des États-Unis
Bataille de MidwaySeconde Guerre mondiale1942Victoire américaine décisive

Visiter les champs de bataille

La plupart de ces lieux sont des parcs militaires ou historiques nationaux, avec centre d'accueil et route de visite balisée. Les plus fréquentés sont Gettysburg, le mémorial de Pearl Harbor, l'Alamo au cœur de San Antonio et le champ de bataille de Little Bighorn. Manassas, Antietam et Gettysburg sont à moins de deux heures de route de Washington.

Questions fréquentes

Quelle est la bataille la plus meurtrière de l'histoire américaine ?

Sur le sol américain, c'est Gettysburg, avec près de 50 000 tués, blessés, disparus et prisonniers en trois jours (1er-3 juillet 1863). La journée la plus sanglante reste celle d'Antietam, le 17 septembre 1862, avec environ 23 000 victimes. Pour la seule armée américaine, la bataille la plus meurtrière a été livrée en France : l'offensive Meuse-Argonne (septembre-novembre 1918), avec environ 26 000 soldats tués.

Quelles batailles ont décidé de l'indépendance américaine ?

Saratoga (1777), qui a entraîné l'alliance avec la France, et Yorktown (1781), où l'armée de Cornwallis a capitulé face aux troupes de Washington et de Rochambeau et à la flotte du comte de Grasse.

Quel a été le tournant de la guerre de Sécession ?

On retient généralement la première semaine de juillet 1863 : la défaite de Lee à Gettysburg (3 juillet) et la capitulation de Vicksburg (4 juillet).

Où des Français ont-ils combattu aux États-Unis ?

Surtout pendant la guerre d'indépendance : à Yorktown, environ la moitié des assiégeants étaient français, et la flotte de De Grasse a gagné la bataille de la Chesapeake. En 1815, à La Nouvelle-Orléans, la milice créole francophone et d'anciens soldats français servaient dans l'armée d'Andrew Jackson.

Sources