Siège de Fort Alamo (1836)

Révolution texane : victoire mexicaine, 23 février 1836 – 6 mars 1836.

Mis à jour le

Guerre
Révolution texane
Date
23 février 1836 – 6 mars 1836
Lieu
San Antonio de Béxar (Texas)
État
Texas
Issue
Victoire mexicaine

Du 23 février au 6 mars 1836, l'armée du président mexicain Santa Anna assiège l'ancienne mission de l'Alamo, à San Antonio, défendue par moins de 250 volontaires texiens, dont Davy Crockett et James Bowie. L'assaut de l'aube du 6 mars ne laisse presque aucun survivant parmi les combattants. Défaite militaire, l'Alamo devient le cri de ralliement de l'indépendance du Texas, acquise six semaines plus tard à San Jacinto.

Forces en présence

CampCommandementEffectifs
TexiensWilliam B. Travis, James Bowieenviron 180 à 250 défenseurs
MexiqueAntonio López de Santa Annaenviron 1 800 à 2 400 hommes devant Béxar, dont 1 400 à 1 800 lors de l'assaut final

Carte

Contexte

Le Mexique indépendant a ouvert le Texas aux colons américains dans les années 1820 ; vers 1835, ceux-ci, souvent propriétaires d'esclaves, sont bien plus nombreux que les Tejanos hispanophones. Les tensions portent sur l'immigration, que Mexico tente de limiter en 1830, sur l'esclavage, que le Mexique a aboli en 1829, et sur le pouvoir central : en 1835, Santa Anna abandonne la constitution fédérale de 1824, ce qui provoque des révoltes dans plusieurs États mexicains. Les combats commencent à Gonzales le 2 octobre 1835 ; en décembre, les insurgés prennent San Antonio de Béxar et la garnison mexicaine capitule. Une petite troupe occupe ensuite l'Alamo, mission franciscaine fondée en 1718 et transformée en caserne. Sam Houston, commandant en chef, juge la position intenable, mais Bowie et le lieutenant-colonel Travis décident de la défendre. Santa Anna, lui, remonte vers le nord en plein hiver pour écraser la révolte.

Déroulement de la bataille

L'arrivée de Santa Anna. Le 23 février, l'avant-garde mexicaine entre à Béxar plus tôt que prévu ; la garnison se réfugie dans l'Alamo. Santa Anna fait hisser un drapeau rouge, signe qu'aucun quartier ne sera accordé. Bowie, gravement malade, laisse le commandement à Travis, âgé de 26 ans.

Le siège. Le 24 février, Travis rédige sa lettre « Au peuple du Texas et à tous les Américains du monde », qui réclame des renforts et se termine par « Victoire ou la mort ». Des courriers, parmi lesquels le capitaine tejano Juan Seguín, franchissent les lignes. Les Mexicains rapprochent chaque nuit leurs batteries des murs, sans assaut. Le 1er mars, 32 volontaires de Gonzales parviennent à entrer dans la mission ; ce sont les seuls renforts. Le 2 mars, sans que les défenseurs le sachent, une convention réunie à Washington-on-the-Brazos proclame l'indépendance du Texas.

L'assaut du 6 mars. Vers 5 heures du matin, quatre colonnes mexicaines attaquent simultanément dans l'obscurité. Les deux premières vagues sont repoussées par l'artillerie et les fusils ; les colonnes se regroupent contre le mur nord, qu'elles escaladent. Travis est tué parmi les premiers, sur ce mur. Les défenseurs se replient dans les bâtiments, en particulier dans la caserne longue et dans l'église, où les soldats les délogent pièce par pièce, au canon et à la baïonnette. Bowie meurt dans son lit. Le combat dure environ une heure et demie. Selon le journal attribué à l'officier mexicain José Enrique de la Peña, Crockett et quelques survivants auraient été exécutés sur ordre de Santa Anna après s'être rendus ; l'authenticité et l'interprétation de ce témoignage restent débattues. Les corps des défenseurs sont brûlés sur des bûchers.

Pertes

La quasi-totalité des défenseurs est tuée : les estimations vont d'environ 180 à plus de 250 morts. Une vingtaine de non-combattants, surtout des femmes et des enfants, ainsi que Joe, esclave de Travis, sont épargnés. Les pertes mexicaines restent discutées : la plupart des historiens les situent entre 400 et 600 tués et blessés, certaines estimations sont nettement plus basses.

Conséquences

Santa Anna fait libérer Susanna Dickinson, veuve d'un artilleur, pour qu'elle porte aux Texiens la nouvelle de la défaite. Le 27 mars, près de 350 prisonniers texiens sont exécutés à Goliad sur ses ordres. Mais le temps perdu devant l'Alamo a permis à Sam Houston de reconstituer une armée. Le 21 avril 1836, au cri de « Souvenez-vous de l'Alamo ! Souvenez-vous de Goliad ! », il surprend l'armée mexicaine à San Jacinto et capture Santa Anna, qui signe les traités de Velasco. La république du Texas vit neuf ans avant son annexion par les États-Unis en 1845, prélude à la guerre américano-mexicaine. L'Alamo est devenue un lieu de mémoire national, inscrit en 2015 au patrimoine mondial de l'Unesco avec les missions de San Antonio ; son récit, longtemps centré sur les seuls héros anglo-américains, fait aujourd'hui une place aux Tejanos qui ont combattu dans les deux camps. Voir aussi notre page sur la conquête de l'Ouest.

Visiter les lieux

  • The AlamoL'église de la mission et la caserne longue, au cœur de San Antonio, abritent un musée consacré au siège.
  • San Antonio Missions National Historical ParkQuatre autres missions espagnoles du XVIIIe siècle, reliées par un sentier le long de la San Antonio River, inscrites avec l'Alamo au patrimoine mondial.
  • San Jacinto Battleground State Historic SitePrès de Houston, le champ de bataille de la victoire texane et sa colonne de 173 mètres.

Questions fréquentes

Combien de défenseurs y avait-il à l'Alamo ?

Entre 180 et 250 environ selon les estimations ; les listes nominatives établies par les historiens comptent un peu moins de 200 noms identifiés. Ils venaient du Texas, d'une vingtaine d'États américains et d'Europe, et comprenaient des Tejanos.

Comment Davy Crockett est-il mort ?

Il est mort à l'Alamo le 6 mars 1836, mais les circonstances sont discutées. Selon Susanna Dickinson et plusieurs témoins, il est tombé au combat ; selon le récit de José Enrique de la Peña, il aurait été capturé puis exécuté sur ordre de Santa Anna.

L'Alamo était-il un fort ?

Non, c'était la mission franciscaine de San Antonio de Valero, fondée en 1718 et transférée sur ce site en 1724. Sécularisée en 1793, elle servit de caserne à une compagnie de cavalerie espagnole venue d'Álamo de Parras, d'où son nom.

Qui a gagné la bataille de l'Alamo ?

L'armée mexicaine. Mais la résistance des défenseurs a retardé Santa Anna, et leur mort a galvanisé les Texiens, victorieux à San Jacinto le 21 avril 1836.