Siège de Vicksburg (1863)
Guerre de Sécession : victoire de l'union, capitulation de la garnison, 18 mai 1863 – 4 juillet 1863.
- Guerre
- Guerre de Sécession
- Date
- 18 mai 1863 – 4 juillet 1863
- Lieu
- Vicksburg (Mississippi)
- État
- Mississippi
- Issue
- Victoire de l'Union, capitulation de la garnison
Du 18 mai au 4 juillet 1863, l'armée d'Ulysses S. Grant assiège Vicksburg, ville fortifiée sur une falaise du Mississippi et dernier grand verrou confédéré sur le fleuve. Après 47 jours de bombardements et de famine, John Pemberton capitule avec près de 30 000 hommes, le lendemain de la défaite de Lee à Gettysburg. L'Union contrôle désormais le Mississippi et coupe la Confédération en deux.
Forces en présence
| Camp | Commandement | Effectifs |
|---|---|---|
| Union | Ulysses S. Grant | environ 45 000 hommes au début du siège, 75 000 à 77 000 à la fin |
| Confédération | John C. Pemberton | environ 30 000 à 33 000 hommes dans la place |
Carte
Contexte
Dès 1861, le plan du général Winfield Scott prévoit d'étouffer le Sud en bloquant ses côtes et en prenant le contrôle du Mississippi. L'Union s'empare de La Nouvelle-Orléans en avril 1862 et de Memphis en juin, mais Vicksburg, perchée sur des falaises de 60 mètres dans une boucle du fleuve et hérissée de batteries, interdit toute navigation. Lincoln la considère comme « la clé » de la guerre. Tout l'hiver 1862-1863, Grant échoue à l'atteindre : Sherman est repoussé à Chickasaw Bayou en décembre, et plusieurs tentatives pour contourner la ville par des canaux ou les bayous du Yazoo tournent court. Au printemps, Grant choisit une manœuvre audacieuse : faire descendre son armée par la rive ouest, en Louisiane, puis traverser le fleuve au sud de la ville pour l'attaquer par l'arrière, en terrain sec.
Déroulement de la bataille
La campagne de printemps. Dans la nuit du 16 avril, la flottille de l'amiral David Porter force le passage devant les batteries de Vicksburg pour rejoindre l'armée au sud. Pendant que le raid de cavalerie de Benjamin Grierson traverse tout le Mississippi pour détourner l'attention, Grant débarque à Bruinsburg le 30 avril plus de 20 000 hommes, la plus grande opération amphibie de l'histoire américaine avant la Seconde Guerre mondiale. Il bat les Confédérés à Port Gibson le 1er mai, puis, renonçant à des lignes de ravitaillement régulières, marche vers l'est, gagne à Raymond le 12 mai et prend Jackson, la capitale de l'État, le 14 mai, écartant l'armée de Joseph E. Johnston. Il se retourne alors vers l'ouest : Pemberton est battu à Champion Hill le 16 mai, la bataille décisive de la campagne, puis à Big Black River le 17 mai. Il s'enferme dans Vicksburg.
Les assauts. Grant, espérant une place démoralisée, lance deux assauts généraux les 19 et 22 mai contre les quinze kilomètres de fortifications. Tous deux échouent avec de lourdes pertes, notamment devant le Stockade Redan et le Railroad Redoubt.
Le siège. Grant entreprend alors un siège en règle. Ses hommes creusent des kilomètres de tranchées et de sapes qui s'approchent des ouvrages ennemis ; le 25 juin, une mine fait sauter le 3e redan de Louisiane, sans permettre la percée. L'artillerie et les canonnières bombardent la ville jour et nuit. Les habitants vivent dans des grottes creusées dans les collines ; soldats et civils en viennent à manger des mulets et des rats. Johnston, à l'est, ne tente rien de sérieux. Le 3 juillet, Pemberton demande à négocier ; Grant renonce à exiger une reddition sans conditions et accepte de libérer les prisonniers sur parole, ce qui lui évite de les transporter vers le Nord. Le 4 juillet, la garnison dépose les armes.
Pertes
Pendant le siège proprement dit, l'Union perd environ 4 900 hommes tués, blessés ou disparus, la plupart lors des assauts des 19 et 22 mai ; sur l'ensemble de la campagne, depuis le printemps, ses pertes avoisinent 10 000 hommes. Les défenseurs comptent environ 3 200 tués et blessés pendant le siège, puis 29 495 prisonniers, libérés sur parole après la capitulation.
Conséquences
Port Hudson, le dernier bastion confédéré sur le fleuve, se rend le 9 juillet. Le Texas, l'Arkansas et l'ouest de la Louisiane sont coupés du reste de la Confédération, et les armées de l'Union peuvent se tourner vers le cœur du Sud. « Le Père des eaux coule à nouveau sans entrave jusqu'à la mer », écrit Lincoln en août 1863. Grant, devenu le général le plus en vue de l'Union, est appelé à Chattanooga à l'automne, puis nommé en mars 1864 commandant de toutes les armées de l'Union. Venant le même jour que la retraite de Lee à Gettysburg, la chute de Vicksburg marque le tournant de la guerre de Sécession. Le cimetière national de Vicksburg réunit environ 17 000 soldats de l'Union, dont une majorité d'inconnus : aucun autre cimetière national ne compte autant de morts de la guerre de Sécession.
Visiter les lieux
- Vicksburg National Military ParkUne route de 26 km longe les lignes de siège des deux camps, avec plus de 1 300 monuments, dont le mémorial de l'Illinois inspiré du Panthéon de Rome.
- USS Cairo Gunboat and MuseumCanonnière cuirassée de l'Union coulée par une mine en décembre 1862 dans le Yazoo, renflouée en 1964 et exposée dans le parc.
- NatchezLa ville aux demeures d'avant-guerre, au sud sur le Mississippi, se combine facilement avec la visite de Vicksburg.
Questions fréquentes
Pourquoi Vicksburg était-elle si importante ?
Ses batteries, sur des falaises dominant une boucle du Mississippi, empêchaient l'Union de naviguer sur le fleuve et reliaient la Confédération à ses États de l'ouest, Texas, Arkansas et Louisiane. Sa chute a ouvert le Mississippi aux Nordistes et coupé le Sud en deux.
Combien de temps a duré le siège de Vicksburg ?
47 jours, du 18 mai au 4 juillet 1863, après une campagne de manœuvres commencée fin mars. Les civils, qui se réfugiaient dans des grottes, ont subi le bombardement pendant toute cette période.
Pourquoi Pemberton a-t-il capitulé le 4 juillet ?
La garnison, affamée et épuisée, ne pouvait plus tenir ni espérer de secours. Pemberton a pensé obtenir de meilleures conditions le jour de la fête nationale ; Grant a effectivement accepté de libérer ses hommes sur parole plutôt que de les envoyer dans des camps de prisonniers.