Bataille de Bunker Hill (1775)

Guerre d'indépendance : victoire britannique, 17 juin 1775.

Mis à jour le

Guerre
Guerre d'indépendance
Date
17 juin 1775
Lieu
Péninsule de Charlestown, Boston (Massachusetts)
Issue
Victoire britannique

Le 17 juin 1775, deux mois après Lexington et Concord, les troupes britanniques assiégées dans Boston donnent l'assaut aux retranchements que les miliciens viennent d'élever sur la péninsule de Charlestown. Il leur faut trois attaques pour s'emparer de la colline, au prix de plus de 1 000 tués et blessés. Victoire britannique sur le terrain, la bataille prouve que des miliciens retranchés peuvent tenir tête à des réguliers.

Forces en présence

CampCommandementEffectifs
Milices de Nouvelle-AngleterreWilliam Prescott, Israel Putnamenviron 2 400 à 3 000 hommes
Grande-BretagneWilliam Howe, Robert Pigotenviron 2 200 à 3 000 hommes

Carte

Contexte

Après le 19 avril, environ 15 000 miliciens de Nouvelle-Angleterre encerclent Boston, où le général Thomas Gage dispose de quelque 6 000 soldats. Fin mai, trois généraux arrivent de Londres avec des renforts : William Howe, Henry Clinton et John Burgoyne. Gage prévoit d'occuper les hauteurs qui dominent la ville, à Dorchester au sud et à Charlestown au nord. Prévenu, le comité de sûreté du Massachusetts ordonne de fortifier Bunker Hill. Dans la nuit du 16 au 17 juin, le colonel William Prescott conduit un millier d'hommes sur la péninsule, mais choisit de retrancher Breed's Hill, plus basse et plus proche de Boston. À l'aube, les Britanniques découvrent une redoute de terre d'une quarantaine de mètres de côté ; le HMS Lively ouvre le feu, bientôt suivi par la flotte et les batteries de Copp's Hill.

Déroulement de la bataille

Le débarquement. Gage écarte l'idée de couper la péninsule à son isthme et confie à Howe une attaque frontale. En début d'après-midi, environ 1 500 hommes débarquent à Moulton's Point, à l'est de la colline ; des renforts suivent. Pendant ce temps, les Américains prolongent leur ligne : un parapet de terre descend de la redoute, et les hommes de John Stark et de Thomas Knowlton tiennent une clôture de pieux et de foin qui court jusqu'à la Mystic River.

Les deux premiers assauts. Vers 15 heures, Howe lance l'infanterie légère le long de la plage contre la clôture, tandis que Robert Pigot attaque la redoute. Les miliciens, qui manquent de poudre, tirent à courte distance : les colonnes sont fauchées et refluent. Des tireurs embusqués dans Charlestown gênant l'aile gauche britannique, la flotte incendie la ville avec des boulets rougis. Un deuxième assaut échoue de la même façon. La consigne attribuée à Prescott ou à Putnam, « Ne tirez pas avant de voir le blanc de leurs yeux », est probablement apocryphe, mais résume la tactique employée.

La prise de la redoute. Renforcé par Clinton, Howe concentre le troisième assaut sur la redoute, en colonnes, sacs déposés, l'artillerie prenant enfin le parapet en enfilade. À court de munitions, les défenseurs se battent à coups de crosse avant d'évacuer la position. Les compagnies de la clôture couvrent la retraite par Bunker Hill et l'isthme de Charlestown, où les pertes américaines sont les plus lourdes. Les Britanniques, épuisés, ne poursuivent pas au-delà de la péninsule.

Pertes

La victoire coûte aux Britanniques 226 tués et 828 blessés, soit plus de 1 000 hommes, près de la moitié de l'effectif engagé ; la proportion d'officiers touchés est particulièrement élevée. Les Américains perdent environ 115 tués, 305 blessés et 30 prisonniers, selon les chiffres retenus par le National Park Service. Le docteur Joseph Warren, l'un des chefs patriotes de Boston, est tué dans la redoute.

Conséquences

Clinton écrit que c'est une victoire « chèrement achetée » et qu'une autre du même genre aurait ruiné l'armée. Gage est rappelé en octobre et remplacé par Howe, dont la prudence ultérieure doit beaucoup au souvenir de cette journée. Le siège de Boston continue : George Washington prend le commandement de l'armée à Cambridge le 3 juillet 1775, puis installe sur les hauteurs de Dorchester, dans la nuit du 4 au 5 mars 1776, les canons ramenés de Fort Ticonderoga par Henry Knox. Les Britanniques évacuent Boston le 17 mars 1776. En Grande-Bretagne, la bataille dissipe l'idée d'une rébellion vite étouffée ; en Amérique, elle renforce la confiance des milices et fait de Warren l'un des premiers martyrs de la guerre d'indépendance.

Visiter les lieux

  • Bunker Hill MonumentObélisque de granit de 67 mètres achevé en 1843 sur Breed's Hill ; 294 marches mènent au sommet, et un musée fait face au monument.
  • USS Constitution (Charlestown Navy Yard)Le plus ancien navire de guerre encore à flot, à quelques minutes à pied, également sur le parcours de la Freedom Trail.

Questions fréquentes

Pourquoi la bataille porte-t-elle le nom de Bunker Hill alors qu'elle s'est déroulée sur Breed's Hill ?

Les miliciens avaient ordre de fortifier Bunker Hill, la plus haute colline de la péninsule, mais Prescott a retranché Breed's Hill, plus proche de Boston. Les premiers récits ont retenu le nom prévu, et l'usage s'est imposé ; le monument se dresse bien sur Breed's Hill.

Qui a gagné la bataille de Bunker Hill ?

Les Britanniques, qui se sont emparés de la position. Mais leurs pertes, plus du double de celles des Américains, en font une victoire à la Pyrrhus qui n'a pas desserré l'étau autour de Boston.

George Washington était-il à Bunker Hill ?

Non. Nommé commandant en chef par le Congrès le 15 juin 1775, il était encore à Philadelphie ; il n'a appris la bataille qu'en route vers Boston et a pris le commandement à Cambridge le 3 juillet.