La Déclaration d'indépendance des États-Unis (1776)

Adoptée par le Congrès continental à Philadelphie le 4 juillet 1776, la Déclaration d'indépendance rompt les liens des treize colonies avec la Couronne britannique. Rédigée pour l'essentiel par Thomas Jefferson, elle est signée par 56 délégués et fonde le récit national américain.

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Le texte ne crée pas d'institutions : c'est une justification adressée au monde (« un juste respect pour l'opinion de l'humanité »). Son préambule sur l'égalité et les droits inaliénables en a fait l'un des textes politiques les plus cités au monde.

Le contexte : de la révolte à la rupture

Quand la guerre d'indépendance éclate en avril 1775, la plupart des colons se veulent encore sujets loyaux du roi. Trois facteurs font basculer l'opinion : le refus de George III d'entendre la « pétition du rameau d'olivier » (août 1775), le recrutement de mercenaires allemands, et le pamphlet Common Sense de Thomas Paine (janvier 1776), vendu à plus de 100 000 exemplaires selon les estimations courantes, qui plaide pour la république.

Le 7 juin 1776, Richard Henry Lee, délégué de la Virginie, propose au Congrès une résolution affirmant que « ces colonies unies sont, et de droit doivent être, des États libres et indépendants ». Le vote est reporté, et un comité de cinq membres est chargé de rédiger une déclaration.

La rédaction : Jefferson et le comité des Cinq

Le comité réunit Thomas Jefferson (Virginie), John Adams (Massachusetts), Benjamin Franklin (Pennsylvanie), Roger Sherman (Connecticut) et Robert Livingston (New York). Jefferson, 33 ans, rédige le premier jet en quelques jours dans une maison de location de Market Street. Adams et Franklin apportent des retouches, puis le Congrès supprime environ un quart du texte, dont un long passage accusant le roi d'avoir imposé la traite négrière, retiré à la demande de la Caroline du Sud et de la Géorgie.

Jefferson s'inspire de John Locke (droits naturels, droit de résistance), de la Déclaration des droits de Virginie de George Mason (12 juin 1776) et des philosophes des Lumières.

2 juillet ou 4 juillet ?

L'indépendance est votée le 2 juillet 1776 (résolution Lee, adoptée par 12 colonies, New York s'abstenant). John Adams pensait d'ailleurs que le 2 juillet serait fêté par les générations futures. Le texte de la Déclaration est approuvé le 4 juillet, date imprimée sur les premiers exemplaires (les « broadsides » de John Dunlap) et retenue comme fête nationale. La copie officielle sur parchemin est signée pour l'essentiel le 2 août 1776 ; quelques délégués signent plus tard. La lecture publique a lieu le 8 juillet devant le bâtiment qui deviendra Independence Hall, à Philadelphie.

Le texte : passage clé traduit

« Nous tenons pour évidentes par elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont dotés par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés. Toutes les fois qu'une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l'abolir. »

Le document se compose de cinq parties : introduction, préambule philosophique, liste de 27 griefs contre George III (impôts sans consentement, dissolution des assemblées, troupes en temps de paix, entraves au commerce…), rappel des appels restés vains au peuple britannique, et proclamation finale d'indépendance.

La contradiction est relevée dès l'époque : Jefferson possède plus de 600 esclaves au cours de sa vie. Frederick Douglass la dénonce dans son discours de 1852, « Que signifie le 4 Juillet pour l'esclave ? ». Lincoln, puis Martin Luther King en 1963, font au contraire de la phrase sur l'égalité une promesse à tenir (voir l'esclavage aux États-Unis).

Les 56 signataires

Les signataires viennent des treize colonies : 9 de Pennsylvanie, 7 de Virginie, 5 du Massachusetts, 5 du New Jersey, 3 de Caroline du Nord et seulement 1 ou 2 pour les plus petites délégations. La signature la plus grande est celle de John Hancock, président du Congrès, d'où l'expression « put your John Hancock » pour « signer ». Le plus âgé est Franklin (70 ans), le plus jeune Edward Rutledge (26 ans). Le dernier survivant, Charles Carroll of Carrollton, meurt en 1832. Jefferson et Adams meurent tous deux le 4 juillet 1826, cinquante ans jour pour jour après l'adoption du texte.

Le document original aujourd'hui

Le parchemin signé est exposé avec la Constitution et la Déclaration des droits dans la rotonde des Archives nationales à Washington, dans un boîtier rempli d'argon. Très délavé par l'exposition au soleil au XIXe siècle, il est presque illisible. Environ 26 exemplaires de l'impression Dunlap du 4 juillet sont connus.

Le texte a servi de modèle à de nombreuses déclarations d'indépendance, dont celles d'Haïti (1804) et du Vietnam (1945). Son 250e anniversaire, le 4 juillet 2026, est présenté sur la page 250 ans des États-Unis ; les traditions de la fête nationale sont décrites dans la page 4 juillet.

Chronologie

DateÉvénement
10 janvier 1776Publication de Common Sense
7 juin 1776Résolution Lee
11 juin 1776Création du comité des Cinq
28 juin 1776Projet présenté au Congrès
2 juillet 1776Vote de l'indépendance
4 juillet 1776Adoption du texte définitif
8 juillet 1776Première lecture publique à Philadelphie
2 août 1776Signature de la copie sur parchemin
1870Le 4 juillet devient jour férié fédéral
1952Installation aux Archives nationales

Questions fréquentes

Qui a écrit la Déclaration d'indépendance ?

Thomas Jefferson en a rédigé le projet, révisé par John Adams et Benjamin Franklin puis amendé par le Congrès continental.

Combien de personnes ont signé la Déclaration ?

56 délégués des treize colonies, pour la plupart le 2 août 1776.

Où est conservé l'original ?

Aux Archives nationales, à Washington, dans la rotonde des Chartes de la liberté, en accès libre.

Pourquoi fête-t-on le 4 juillet et non le 2 ?

Parce que le 4 juillet est la date d'adoption du texte, imprimée en tête des premiers exemplaires diffusés dans les colonies.

La Déclaration a-t-elle une valeur juridique ?

Elle n'est pas une loi ; c'est la Constitution qui organise les pouvoirs. Elle figure toutefois en tête du Code des États-Unis parmi les lois organiques.

Sources