Hopis

Histoire, culture et territoire d’un peuple autochtone des États-Unis.

Mis à jour le

Autonyme
Hopituh Shi-nu-mu (« le peuple paisible »)
Famille linguistique
Uto-aztèque (hopi)
États
Arizona

Les Hopis se nomment Hopituh Shi-nu-mu, souvent traduit par « le peuple paisible » ; le mot hopi désigne une personne qui se conduit avec respect et droiture. Leurs villages occupent l'extrémité de trois mesas du nord-est de l'Arizona. Seuls des peuples pueblos à parler une langue uto-aztèque, ils descendent des Hisatsinom, les bâtisseurs des villages anciens du plateau du Colorado, dont Mesa Verde. Leur territoire sacré, le Hopitutskwa, s'étend bien au-delà de la réserve actuelle, jusqu'au Grand Canyon et aux San Francisco Peaks, demeure des katsinam.

Territoire

La réserve hopi couvre environ 6 000 km², entièrement entourée par la Navajo Nation. Ses douze villages se répartissent entre la Première Mesa (Walpi, Sichomovi, Hano), la Deuxième Mesa (Songoopavi, Musangnuvi, Supawlavi), la Troisième Mesa (Orayvi, Hotevilla, Bacavi, Kykotsmovi) et Moenkopi, plus à l'ouest. Kykotsmovi accueille le siège du gouvernement tribal. Les terres sont détenues collectivement : la tentative de lotissement menée à partir de 1892 a été abandonnée face au refus des villages. Chaque village fixe ses propres règles d'accueil des visiteurs.

Histoire

Selon la tradition, les clans hopis ont émergé dans ce monde par le Sipapuni, dans le canyon du Petit Colorado, puis ont migré longuement avant de se rassembler sur les mesas. Orayvi (Oraibi), fondé vers 1100, est considéré comme l'un des plus anciens lieux habités en continu des États-Unis.

En 1540, des membres de l'expédition de Coronado atteignent les villages. Les franciscains fondent des missions à partir de 1629, dont celle d'Awatovi, et imposent travail forcé et interdiction des cérémonies. Les Hopis prennent part à la révolte des Pueblos de 1680 et ne sont jamais reconquis : en 1700, Awatovi, qui avait accepté le retour des missionnaires, est détruit par d'autres villages hopis. Après la reconquête du Rio Grande, des réfugiés tewas fondent le village de Hano, sur la Première Mesa.

Le décret présidentiel du 16 décembre 1882 crée une réserve qui n'englobe qu'une partie des terres hopis. La scolarisation forcée divise les villages : en 1895, dix-neuf hommes d'Orayvi opposés aux écoles fédérales sont emprisonnés à Alcatraz. En 1906, le désaccord entre « Hostiles » et « Amicaux » se règle par une épreuve de poussée, à l'issue de laquelle le groupe de Yukiwma quitte Orayvi pour fonder Hotevilla ; Bacavi naît l'année suivante d'une nouvelle scission. Les enfants sont envoyés au pensionnat fédéral de Keams Canyon, ouvert en 1887. En 1936, un conseil tribal est créé dans le cadre de l'Indian Reorganization Act, mais plusieurs villages traditionnels n'y reconnaissent pas d'autorité. Le contentieux avec la Navajo Nation sur la zone d'usage commun, ouverte par le décret de 1882, aboutit à la loi de 1974 et au partage de cette zone.

Culture et langue

Chaque village est autonome et dirigé, traditionnellement, par un kikmongwi. La société repose sur des clans matrilinéaires, qui possèdent terres, cérémonies et savoirs. Le calendrier religieux suit le cycle du maïs, cultivé sans irrigation dans le sable des pieds de mesas : Soyal au solstice d'hiver, Powamu, puis Niman, en juillet, qui marque le départ des katsinam, êtres spirituels liés à la pluie. Les poupées katsina (tihu), sculptées dans la racine de peuplier, servent à transmettre ces figures aux enfants. Certains rites se déroulent dans les kivas, d'autres sur les places des villages ; photographies, dessins et enregistrements y sont interdits. La potière Nampeyo, de Hano, a relancé à la fin du XIXe siècle le style ancien de Sikyatki. Les Hopis sont aussi réputés pour leurs vanneries, leur orfèvrerie en argent superposé et le piki, pain très fin de maïs bleu.

Lieux à découvrir

  • Hopi Cultural Center (Deuxième Mesa)Musée, hôtel et restaurant gérés par les Hopis, point de départ pour découvrir les mesas.
  • Walpi (Première Mesa)Village perché accessible uniquement en visite guidée par des habitants.
  • Homolovi State Park (Winslow)Villages ancestraux occupés par des clans hopis au cours de leurs migrations.
  • Grand CanyonLa Desert View Watchtower conserve des peintures murales du peintre hopi Fred Kabotie (1932).

Questions fréquentes

Peut-on assister aux cérémonies hopis ?

Certaines danses sur les places sont parfois ouvertes aux visiteurs, d'autres non, selon le village et la cérémonie. Les photographies, croquis et enregistrements sont interdits ; il faut se renseigner auprès du village ou du Hopi Cultural Center.

Pourquoi la réserve hopi est-elle entourée par les Navajos ?

Le décret de 1882 a tracé un rectangle partagé de fait avec des familles diné. La loi de 1974 et les décisions judiciaires ont divisé la zone, laissant aux Hopis une réserve enclavée dans la Navajo Nation.

Que sont les katsinam ?

Des êtres spirituels liés à la pluie et à la fertilité, présents dans les villages de l'hiver à juillet. Leurs représentations sculptées, les poupées katsina, ont une fonction éducative et religieuse.