Apaches

Histoire, culture et territoire d’un peuple autochtone des États-Unis.

Mis à jour le

Autonyme
Ndé (ou Indé, Inde)
Famille linguistique
Athapascane (apachéenne méridionale)

Les Apaches se nomment Ndé, « le Peuple ». Ce nom collectif recouvre plusieurs nations distinctes, parlant des langues athapascanes apparentées à celle des Diné : Apaches de l'Ouest (White Mountain, San Carlos, Cibecue, Tonto), Chiricahuas, Mescaleros, Jicarillas, Lipans et Apaches des Plaines. Leur territoire historique, l'Apachería, couvrait les montagnes et déserts de l'Arizona, du Nouveau-Mexique, de l'ouest du Texas et du nord du Mexique. Leur résistance, symbolisée par Geronimo, a été l'une des plus longues face à trois États successifs.

Territoire

Les terres apaches sont réparties entre plusieurs nations indépendantes les unes des autres. En Arizona, les réserves de Fort Apache (White Mountain Apache) et de San Carlos couvrent chacune plus de 6 000 km², complétées par celles des Tonto Apaches et de la nation Yavapai-Apache. Au Nouveau-Mexique, les Mescaleros vivent dans les monts Sacramento et les Jicarillas au nord, près du Colorado. En Oklahoma, la Fort Sill Apache Tribe et l'Apache Tribe of Oklahoma descendent respectivement des Chiricahuas et des Apaches des Plaines.

Histoire

Venus du nord, les ancêtres des Apaches atteignent le Sud-Ouest vers 1400-1500. Ils entretiennent avec les Pueblos des relations faites d'échanges de viande et de peaux contre du maïs, et de raids. À partir du XVIIe siècle, les raids sur les troupeaux et les captifs, réciproques, structurent les rapports avec la Nouvelle-Espagne, qui construit une ligne de presidios. Dans les années 1780, la couronne espagnole met en place des « établissements de paix » où des groupes apaches reçoivent des rations. La politique se durcit sous le Mexique indépendant : dans les années 1830 et 1840, le Sonora et le Chihuahua offrent des primes pour les scalps apaches.

Après 1848, l'expansion américaine fait passer l'Apachería en partie sous souveraineté américaine. En 1861, l'affaire Bascom, où un officier tente de prendre en otage le chef chiricahua Cochise, déclenche une décennie de guerre. Mangas Coloradas est tué en 1863 alors qu'il était venu parlementer. En 1871, le massacre de Camp Grant fait plus d'une centaine de victimes, surtout des femmes et des enfants aravaipas. En 1872, Cochise obtient une réserve dans les monts Chiricahua, supprimée en 1876, deux ans après sa mort. La politique de concentration à San Carlos, terre aride surnommée « Hell's Forty Acres », provoque des évasions : Victorio est tué en 1880 au Mexique ; Geronimo se rend le 4 septembre 1886 à Skeleton Canyon.

Tous les Chiricahuas, y compris les éclaireurs apaches qui avaient servi l'armée, sont alors déportés comme prisonniers de guerre en Floride, puis en Alabama, et à partir de 1894 à Fort Sill, en Oklahoma. Ils ne sont libérés qu'en 1913-1914, après vingt-sept ans de captivité : une partie rejoint la réserve des Mescaleros, l'autre reste en Oklahoma.

Culture et langue

L'organisation traditionnelle repose sur la famille étendue matrilocale : le mari s'installe auprès de la famille de son épouse. Plusieurs familles forment un groupe local mené par un homme reconnu pour sa sagesse, sans pouvoir coercitif. La cérémonie la plus importante est le Na'ii'ees, rite de passage de quatre jours qui marque la puberté d'une jeune fille ; elle y incarne Femme Peinte en Blanc, figure de la création. Les danseurs des Esprits de la montagne (Gaan), masqués et coiffés de couronnes de bois, y participent ; ils ne se photographient pas. Les Apaches de l'Ouest sont réputés pour leurs paniers de portage et leurs gourdes en vannerie imperméabilisées à la résine. L'anthropologue Keith Basso a montré comment, chez eux, les noms de lieux portent des récits moraux.

Lieux à découvrir

  • Fort Apache Historic Park, Whiteriver (Arizona)Ancien poste de l'armée et centre culturel Nohwike' Bágowa des White Mountain Apaches.
  • Fort Bowie (Arizona)Site historique national au col d'Apache Pass, au cœur des guerres chiricahuas.
  • Chiricahua National Monument (Arizona)Monts où vivaient les bandes de Cochise.
  • Tombe de Geronimo, Fort Sill (Oklahoma)Cimetière des prisonniers de guerre apaches, sur une base militaire en activité.

Questions fréquentes

Les Apaches forment-ils une seule nation ?

Non. Plusieurs nations distinctes, aux langues apparentées mais différentes, sont regroupées sous ce nom. Elles ont chacune leur gouvernement et leurs terres.

D'où vient le mot « apache » ?

Il est probablement emprunté au zuñi (« ennemi ») ou au yavapai, et adopté par les Espagnols. Les intéressés se nomment Ndé ou Indé.

Pourquoi les Chiricahuas ont-ils été prisonniers si longtemps ?

Après la reddition de Geronimo, l'ensemble de la nation, y compris ceux qui n'avaient jamais combattu, est déporté. La captivité dure de 1886 à 1913-1914, en Floride, en Alabama puis en Oklahoma.