Robert E. Lee

Général confédéré, commandant de l'armée de Virginie du Nord (1807-1870) : un portrait pour comprendre son rôle dans l’histoire américaine.

Mis à jour le

Domaine
Général confédéré, commandant de l'armée de Virginie du Nord
Naissance
19 janvier 1807, Stratford Hall, comté de Westmoreland (Virginie)
Décès
12 octobre 1870
État de naissance
Virginie

Robert E. Lee (1807-1870) est le général qui commande l'armée confédérée de Virginie du Nord pendant la guerre de Sécession, avant de capituler devant Ulysses S. Grant à Appomattox le 9 avril 1865. Officier brillant de l'armée fédérale, il choisit en 1861 de suivre la Virginie dans la sécession. Longtemps célébré comme un héros chevaleresque par le mythe de la « Cause perdue », il est de plus en plus jugé aussi pour son rôle dans la défense d'un régime esclavagiste.

Biographie

Fils d'un héros de la guerre d'indépendance, Henry « Light-Horse Harry » Lee, ruiné et emprisonné pour dettes, Robert Edward Lee naît le 19 janvier 1807 à Stratford Hall, en Virginie. Diplômé de West Point en 1829, deuxième de sa promotion sans une seule sanction disciplinaire, il sert dans le génie. En 1831, il épouse Mary Custis, arrière-petite-fille de Martha Washington, et vit à Arlington, face à Washington. Pendant la guerre contre le Mexique (1846-1848), ses reconnaissances lui valent les éloges du général Winfield Scott. Il dirige l'académie de West Point de 1852 à 1855 et commande en 1859 les marines qui capturent l'abolitionniste John Brown à Harpers Ferry.

Exécuteur testamentaire de son beau-père à partir de 1857, il gère les plantations familiales et leurs quelque 190 esclaves, qu'il est tenu d'affranchir dans les cinq ans ; selon le témoignage de l'un d'eux, Wesley Norris, il fait fouetter des fugitifs repris en 1859. Il les affranchit légalement fin décembre 1862. En avril 1861, on lui offre un haut commandement dans l'armée de l'Union ; il refuse et démissionne après la sécession de la Virginie, déclarant ne pas pouvoir lever la main contre son État natal.

Placé à la tête de l'armée de Virginie du Nord en juin 1862, il repousse l'Union devant Richmond et l'emporte à la seconde bataille de Bull Run, à Fredericksburg et à Chancellorsville. Ses deux invasions du Nord échouent, à Antietam (septembre 1862) puis à Gettysburg (juillet 1863) ; lors de la seconde, ses troupes capturent des Noirs libres de Pennsylvanie pour les emmener en esclavage. Usé par la guerre d'attrition que lui impose Grant en 1864-1865, il capitule à Appomattox Court House le 9 avril 1865.

Inculpé de trahison mais jamais jugé, il devient président du Washington College, à Lexington, et appelle les Sudistes à la réconciliation, tout en s'opposant au droit de vote des affranchis. Il meurt le 12 octobre 1870. Sa citoyenneté ne lui est rendue qu'en 1975, par une loi signée par le président Gerald Ford.

Héritage

Après sa mort, les défenseurs de la « Cause perdue » font de Lee le symbole d'un Sud vaincu mais honorable, en minimisant le rôle de l'esclavage dans la guerre. Statues, écoles, routes et bases militaires ont porté son nom, souvent attribué à l'époque de la ségrégation. Son domaine d'Arlington, confisqué pendant la guerre, est devenu le cimetière national d'Arlington. Les historiens reconnaissent son talent tactique, mais soulignent aussi les pertes très lourdes de ses offensives et sa responsabilité dans la défense d'un régime fondé sur l'esclavage. Après le rassemblement suprémaciste de Charlottesville en 2017, organisé autour de sa statue, de nombreux monuments à son effigie ont été retirés, dont sa statue du Capitole des États-Unis (2020) et la statue équestre de Richmond (2021). Voir aussi la page sur le drapeau confédéré.

À retenir

  • Il n'est nommé général en chef de toutes les armées confédérées qu'en février 1865, deux mois avant sa reddition.
  • Son épouse, Mary Custis, était l'arrière-petite-fille de Martha Washington.
  • Le cimetière national d'Arlington a été créé en 1864 sur les terres de son domaine.
  • Son serment d'allégeance de 1865, égaré, n'a été retrouvé aux Archives nationales qu'en 1970.
  • Il est inhumé dans la chapelle de l'université Washington and Lee, à Lexington (Virginie).

Lieux de mémoire

  • Arlington House, The Robert E. Lee Memorial (Virginie)Sa maison, au sommet du cimetière national d'Arlington, gérée par le National Park Service, avec les quartiers des esclaves.
  • Appomattox Court House National Historical Park (Virginie)Le village de la reddition, avec la maison McLean reconstruite.
  • Gettysburg National Military Park (Pennsylvanie)Le champ de bataille de juillet 1863 et son musée.
  • Stratford Hall (Virginie)La plantation natale de la famille Lee, au bord du Potomac.

Questions fréquentes

Pourquoi Robert E. Lee a-t-il combattu pour le Sud ?

Par loyauté envers la Virginie, sa terre natale, qui fait sécession le 17 avril 1861. Il s'était dit hostile à la sécession, mais refuse de combattre son État. Ce choix l'a conduit à défendre une Confédération créée pour préserver l'esclavage.

Robert E. Lee possédait-il des esclaves ?

Oui. Il a hérité de quelques esclaves de sa mère et a géré, comme exécuteur testamentaire de son beau-père, environ 190 esclaves des plantations Custis, qu'il a affranchis fin 1862 conformément au testament. En 1856, il écrivait que l'esclavage était « un mal moral et politique », tout en jugeant que sa fin devait être laissée à la Providence.

Où Robert E. Lee s'est-il rendu ?

À Appomattox Court House, en Virginie, le 9 avril 1865, dans la maison de Wilmer McLean. Les conditions accordées par Grant sont généreuses : les soldats confédérés rentrent chez eux avec leurs chevaux, sans être poursuivis.