Benjamin Franklin

Imprimeur, savant, diplomate, Père fondateur (1706-1790) : un portrait pour comprendre son rôle dans l’histoire américaine.

Mis à jour le

Domaine
Imprimeur, savant, diplomate, Père fondateur
Naissance
17 janvier 1706, Boston (Massachusetts)
Décès
17 avril 1790
État de naissance
Massachusetts

Benjamin Franklin (1706-1790) est l'un des Pères fondateurs des États-Unis et le savant américain le plus célèbre de son siècle. Imprimeur à Philadelphie, il démontre la nature électrique de la foudre et invente le paratonnerre. Diplomate, il obtient à Versailles l'alliance française de 1778, décisive pour la guerre d'indépendance. Il est le seul à avoir signé les quatre textes fondateurs de la nation : la Déclaration d'indépendance, le traité d'alliance avec la France, le traité de Paris de 1783 et la Constitution.

Biographie

Né le 17 janvier 1706 à Boston, quinzième des dix-sept enfants d'un fabricant de chandelles, Benjamin Franklin quitte l'école à 10 ans. Apprenti chez son frère James, imprimeur, il publie en cachette des lettres satiriques signées Silence Dogood. En 1723, il s'enfuit à Philadelphie, où il rachète en 1729 la Pennsylvania Gazette. Son Almanach du pauvre Richard (1732-1758), riche en maximes, lui assure succès et fortune.

Franklin multiplie les institutions civiques : la Library Company (1731), première bibliothèque de prêt par souscription d'Amérique, une compagnie de pompiers volontaires (1736), l'American Philosophical Society (1743), l'académie qui deviendra l'université de Pennsylvanie (1749) et le Pennsylvania Hospital (1751). Retiré des affaires en 1748, il se consacre à la science. Ses expériences sur l'électricité, publiées à Londres en 1751, lui valent une renommée européenne ; l'expérience du cerf-volant, en 1752, confirme que la foudre est une décharge électrique. On lui doit aussi un poêle à bois plus efficace et les lunettes à double foyer.

Représentant de la Pennsylvanie, puis d'autres colonies, à Londres (1757-1762 et 1764-1775), il plaide contre le Stamp Act avant de rallier la cause de l'indépendance. Membre du comité qui rédige la Déclaration d'indépendance, il part fin 1776 pour la France. Installé à Passy, adulé des salons parisiens, il obtient les traités d'alliance et de commerce du 6 février 1778, puis négocie la paix de 1783. Revenu en 1785, il siège à 81 ans à la Convention qui rédige la Constitution. Longtemps propriétaire d'esclaves, il préside à la fin de sa vie la Société abolitionniste de Pennsylvanie et signe en 1790 une pétition au Congrès contre l'esclavage. Il meurt à Philadelphie le 17 avril 1790.

Héritage

Franklin incarne l'idéal américain de l'homme qui s'est fait lui-même : son Autobiographie, publiée après sa mort, reste un classique. Son portrait figure sur le billet de 100 dollars, et des dizaines de villes et de comtés portent son nom. En France, où il a été l'Américain le plus populaire de son temps, son image de sage en bonnet de fourrure a durablement façonné la vision des États-Unis ; la rue Benjamin-Franklin et sa statue, dans le 16e arrondissement de Paris, rappellent son séjour à Passy. Les historiens soulignent aussi ses contradictions : il a possédé des esclaves et publié dans sa gazette des annonces de vente d'esclaves avant de devenir abolitionniste. Le lien qu'il a noué entre la France et la jeune république est détaillé dans notre page France–États-Unis.

À retenir

  • Il est le seul Père fondateur à avoir signé la Déclaration d'indépendance (1776), le traité d'alliance avec la France (1778), le traité de Paris (1783) et la Constitution (1787).
  • Le Congrès continental le nomme en 1775 premier directeur général des postes des colonies unies.
  • Il n'a jamais fait breveter ses inventions, estimant qu'elles devaient profiter à tous.
  • En 1784, à Paris, il siège dans la commission royale qui conclut à l'absence de fondement du « magnétisme animal » de Mesmer.
  • Il publie vers 1770, avec son cousin le capitaine Timothy Folger, l'une des premières cartes du Gulf Stream.
  • Environ 20 000 personnes assistent à ses funérailles à Philadelphie en 1790.

Lieux de mémoire

  • Franklin Court, PhiladelphieSur l'emplacement de sa maison, dans l'Independence National Historical Park : musée Benjamin Franklin et imprimerie reconstituée.
  • Christ Church Burial Ground, PhiladelphieSa tombe, partagée avec son épouse Deborah ; la tradition veut que les visiteurs y lancent une pièce d'un cent.
  • Franklin Institute, PhiladelphieMusée des sciences qui abrite le Benjamin Franklin National Memorial, statue monumentale du savant assis.
  • Freedom Trail, BostonLe parcours passe par l'Old South Meeting House, où il a été baptisé, près de sa maison natale disparue de Milk Street, et par la tombe de ses parents au Granary Burying Ground. Voir le Freedom Trail.

Questions fréquentes

Benjamin Franklin a-t-il été président des États-Unis ?

Non. Il n'a jamais occupé la présidence fédérale, créée en 1789. Il a en revanche présidé de 1785 à 1788 le Conseil exécutif suprême de Pennsylvanie, fonction équivalente à celle de gouverneur.

L'expérience du cerf-volant a-t-elle vraiment eu lieu ?

Selon Franklin et son ami Joseph Priestley, il l'a réalisée en juin 1752 à Philadelphie avec son fils William. Il n'a pas été frappé par la foudre : la clé attachée au fil s'est seulement chargée de l'électricité de l'orage. Faute de témoin indépendant, certains historiens restent prudents. Une autre expérience qu'il avait proposée, avec une tige métallique, avait été réussie en France, à Marly-la-Ville, en mai 1752.

Pourquoi Franklin était-il si populaire en France ?

Savant reconnu avant son arrivée, il incarnait pour les Lumières la vertu républicaine et la simplicité du Nouveau Monde. Il cultivait cette image, avec ses habits sobres et son bonnet de fourrure, ce qui l'a aidé à obtenir l'alliance et les prêts de la France.

Où Benjamin Franklin est-il enterré ?

Au Christ Church Burial Ground de Philadelphie, à l'angle des rues Arch et Fifth, aux côtés de son épouse Deborah Read.