Paul Revere
Orfèvre, graveur, messager de la Révolution (1734-1818) : un portrait pour comprendre son rôle dans l’histoire américaine.
- Domaine
- Orfèvre, graveur, messager de la Révolution
- Naissance
- 21 décembre 1734, Boston (Massachusetts)
- Décès
- 10 mai 1818
- État de naissance
- Massachusetts
Paul Revere (1734-1818) est l'orfèvre bostonien dont la « chevauchée de minuit » du 18 avril 1775 annonce la marche des troupes britanniques vers Lexington et Concord, à la veille des premiers combats de la guerre d'indépendance. Fils d'un huguenot français, graveur, fondeur et industriel, il est l'un des membres les plus actifs des Fils de la Liberté. Sa légende doit beaucoup à un poème de Longfellow publié en 1861, qui grossit son rôle aux dépens d'autres cavaliers.
Biographie
Paul Revere naît fin décembre 1734 dans le North End de Boston. Son père, Apollos Rivoire, est un huguenot né près de Sainte-Foy-la-Grande, arrivé enfant à Boston en 1715 pour y apprendre l'orfèvrerie ; il a anglicisé son nom. Paul reprend l'atelier paternel en 1754. Outre l'argenterie, il grave des planches, fabrique des dentiers et publie en 1770 une gravure célèbre du massacre de Boston, d'après un dessin d'Henry Pelham, qui sert la propagande patriote.
Membre des Fils de la Liberté, il participe à la Boston Tea Party en décembre 1773 et sert de messager au comité de sûreté, portant les nouvelles à cheval jusqu'à New York et Philadelphie. Le 18 avril 1775 au soir, Joseph Warren le charge d'avertir Samuel Adams et John Hancock, réfugiés à Lexington, que les soldats britanniques se mettent en marche. Deux lanternes allumées au clocher de l'Old North Church signalent aux patriotes de Charlestown que la troupe traverse par l'eau. Revere atteint Lexington vers minuit, rejoint par William Dawes. En route vers Concord avec Samuel Prescott, ils tombent sur une patrouille : seul Prescott passe. Le lendemain, les combats de Lexington et de Concord ouvrent la guerre d'indépendance.
Lieutenant-colonel de l'artillerie du Massachusetts, Revere participe à l'expédition de Penobscot (1779), un désastre qui lui vaut une accusation de désobéissance ; il est blanchi en 1782. Après la guerre, il ouvre une fonderie qui produit cloches et canons, puis, en 1801, à Canton, l'un des premiers laminoirs de cuivre d'Amérique du Nord. Son cuivre double la coque de l'USS Constitution et couvre le dôme du Capitole du Massachusetts. Il meurt à Boston le 10 mai 1818, à 83 ans, père de seize enfants.
Héritage
Paul Revere doit sa célébrité nationale au poème Paul Revere's Ride d'Henry Wadsworth Longfellow, écrit en 1860, à la veille de la guerre de Sécession, pour exalter l'unité patriotique. Le texte lui attribue seul une mission menée par plusieurs cavaliers et le fait arriver à Concord, qu'il n'a jamais atteint. Il n'a pas non plus crié « Les Anglais arrivent ! » : la discrétion était de rigueur et les colons se considéraient encore comme sujets britanniques. Son œuvre d'orfèvre, en revanche, est bien réelle : ses pièces d'argenterie, dont le bol des Fils de la Liberté (1768), comptent parmi les objets les plus précieux du Museum of Fine Arts de Boston. Il illustre aussi le passage de l'artisanat à l'industrie dans la jeune république.
À retenir
- Sa maison du North End, construite vers 1680, est la plus ancienne demeure du centre-ville de Boston.
- En 1776, il identifie le corps de son ami Joseph Warren, tué à Bunker Hill, grâce à une prothèse dentaire qu'il lui avait posée : l'un des premiers cas connus d'identification par les dents.
- Sa gravure du massacre de Boston (1770), largement diffusée, a contribué à dresser l'opinion contre les troupes britanniques.
- Franc-maçon actif, il a été grand maître de la Grande Loge du Massachusetts de 1794 à 1797.
- Le signal des lanternes ne lui était pas destiné : il prévenait les patriotes de Charlestown, au cas où il ne parviendrait pas à quitter Boston.
Lieux de mémoire
- Paul Revere House, BostonSa maison du North End, ouverte à la visite, étape du Freedom Trail.
- Old North Church, BostonLe clocher des deux lanternes, toujours lieu de culte épiscopalien.
- Granary Burying Ground, BostonSa tombe, non loin de celles de Samuel Adams et de John Hancock.
- USS Constitution, CharlestownLe plus ancien navire de guerre encore à flot, auquel il a fourni boulons et pièces de cuivre.
Questions fréquentes
Paul Revere a-t-il vraiment crié « The British are coming » ?
Non. La mission devait rester discrète, des patrouilles britanniques circulant dans la campagne, et les colons se considéraient encore comme britanniques. Selon les témoignages, il parlait des « réguliers » (Regulars), c'est-à-dire des soldats de l'armée britannique.
Paul Revere est-il arrivé à Concord ?
Non. Après avoir prévenu Adams et Hancock à Lexington, il est arrêté par une patrouille britannique sur la route de Concord. C'est Samuel Prescott qui parvient à y donner l'alerte. Revere est relâché quelques heures plus tard, sans son cheval.
Paul Revere était-il d'origine française ?
Par son père, oui. Apollos Rivoire, protestant né en Gironde, avait été envoyé enfant en Amérique pour échapper aux persécutions qui suivirent la révocation de l'édit de Nantes. Il a pris le nom de Paul Revere, que son fils a porté.