Pygargue à tête blanche
Tout savoir sur pygargue à tête blanche, l’une des espèces emblématiques des États-Unis.
- Nom scientifique
- Haliaeetus leucocephalus
- Nom anglais
- Bald eagle
- Classe
- Oiseau
- Taille
- 70 à 100 cm de long ; envergure de 1,8 à 2,3 m
- Poids
- 3 à 6,5 kg (la femelle est environ un quart plus lourde que le mâle)
Emblème national depuis son adoption sur le grand sceau des États-Unis en 1782, le pygargue à tête blanche n'est pas un aigle au sens strict mais un « aigle pêcheur ». Il ne vit qu'en Amérique du Nord. Frôlé par l'extinction dans les 48 États contigus au milieu du XXe siècle, il est devenu l'un des grands succès de la protection de la nature américaine, et on l'observe aujourd'hui facilement près des lacs et des côtes.
Description
L'adulte se reconnaît immédiatement à sa tête et à sa queue d'un blanc pur, qui contrastent avec un corps brun foncé, et à son bec jaune massif et crochu. Ce plumage n'apparaît que vers l'âge de cinq ans : les jeunes, bruns tachetés de blanc, sont souvent confondus avec l'aigle royal. Le nom anglais bald ne signifie pas « chauve » mais vient d'un ancien mot désignant une tache blanche. Le couple construit le plus grand nid de tous les oiseaux d'Amérique du Nord : réutilisé et agrandi chaque année, il peut dépasser 2 m de large et peser plus d'une tonne. Un pygargue sauvage vit couramment une vingtaine d'années.
Habitat et répartition
Le pygargue vit toujours près de l'eau : côtes, grands lacs, fleuves et réservoirs, où il trouve poissons et oiseaux d'eau. L'Alaska abrite de loin les plus fortes concentrations, notamment dans la vallée de la Chilkat en automne. Dans les 48 États contigus, il niche autour des Grands Lacs, dans la baie de Chesapeake, en Floride et dans le Nord-Ouest ; en hiver, beaucoup descendent vers les barrages du Mississippi, dont les eaux restent libres de glace.
Comportement
Le pygargue se nourrit surtout de poissons, qu'il saisit en surface avec ses serres sans plonger. Opportuniste, il mange aussi des charognes et pratique le cleptoparasitisme : il harcèle les balbuzards jusqu'à ce qu'ils lâchent leur proie. Les couples, fidèles d'une saison à l'autre, se forment lors de parades aériennes spectaculaires où les deux oiseaux s'agrippent par les serres et chutent en tournoyant. La femelle pond un à trois œufs, couvés à tour de rôle pendant environ 35 jours ; les jeunes quittent le nid vers trois mois. En hiver, des centaines d'individus peuvent se rassembler sur les sites riches en poissons.
L’animal et l’homme
Chassé comme nuisible, puis empoisonné par le DDT, un insecticide qui amincissait la coquille de ses œufs, le pygargue a failli disparaître des 48 États contigus : on n'y comptait plus que quelques centaines de couples nicheurs au début des années 1960. La loi de protection de 1940, l'interdiction du DDT en 1972 et l'Endangered Species Act de 1973 ont permis une remontée spectaculaire, au point que l'espèce a été retirée de la liste des espèces menacées en 2007. Elle reste protégée par des lois fédérales : il est interdit de la déranger et même de posséder une de ses plumes sans autorisation.
Où l’observer ?
- Glacier BayLes pygargues sont omniprésents le long des côtes et des bras de mer : guettez les silhouettes blanches perchées au sommet des épicéas depuis le bateau.
- VoyageursLes lacs du parc comptent de nombreux nids ; un circuit en bateau en été permet d'apercevoir adultes et jeunes.
- YellowstoneCherchez-les le long de la Yellowstone River et du lac Yellowstone, où ils pêchent la truite.
- EvergladesEn hiver, saison de nidification en Floride, des couples nichent sur les îlots de Florida Bay ; guettez-les depuis Flamingo.
Sécurité et bonnes pratiques
Le pygargue n'est pas dangereux pour l'homme, mais il est sensible au dérangement pendant la nidification. Le guide fédéral de gestion de l'espèce (USFWS) recommande de garder plusieurs centaines de mètres entre vous et un nid occupé : observez avec des jumelles ou une longue-vue, sans vous approcher. Si un adulte crie, s'agite ou quitte son nid, vous êtes trop près. Ne faites pas voler de drone à proximité.
Questions fréquentes
Pourquoi le pygargue à tête blanche est-il le symbole des États-Unis ?
Il figure au centre du grand sceau des États-Unis adopté par le Congrès en 1782. Les fondateurs voyaient dans cet aigle propre à l'Amérique du Nord un symbole de force et de liberté, dans la tradition des aigles de la Rome antique.
Benjamin Franklin préférait-il vraiment le dindon ?
Dans une lettre privée de 1784 à sa fille, Franklin critique le pygargue, « oiseau de mauvaise moralité » qui vole la proie des autres, et juge le dindon plus respectable. Il n'a pourtant jamais proposé officiellement le dindon comme emblème.
Où voir des pygargues en hiver ?
Le long du Mississippi et de ses affluents, en aval des barrages dont les eaux restent dégelées, et en Alaska dans la vallée de la Chilkat, près de Haines, où des centaines d'oiseaux se rassemblent à l'automne pour une remontée tardive de saumons.
Quelle différence avec l'aigle royal ?
L'aigle royal, présent surtout dans l'Ouest montagneux, est brun doré de la tête à la queue et chasse principalement des mammifères. Le pygargue adulte a la tête et la queue blanches et vit près de l'eau. Les jeunes pygargues, entièrement bruns, se distinguent par leurs pattes nues sous le genou.