Anglais américain et anglais britannique : ce qui change
L'anglais américain se distingue de l'anglais britannique par son orthographe (color, center), une partie de son vocabulaire (apartment, elevator, gas), sa prononciation (le r final prononcé, le t adouci de water) et quelques usages grammaticaux. Les deux restent parfaitement intercompréhensibles.
Une langue, deux normes : d'où viennent les différences
Les colons arrivés aux XVIIe et XVIIIe siècles parlaient l'anglais de leur époque. Les deux rives ont ensuite évolué séparément : l'Amérique a conservé certains traits anciens (le r prononcé, le participe gotten, le sens de fall pour l'automne), tandis que l'anglais du sud de l'Angleterre en abandonnait. L'américain a aussi emprunté aux langues rencontrées sur le continent : amérindiennes (raccoon, moose, Mississippi), néerlandais (cookie, boss), espagnol (canyon, ranch) et français (prairie, bayou, levee).
La rupture orthographique est l'œuvre d'un homme : Noah Webster. Patriote convaincu qu'une nation indépendante méritait sa propre langue, il publie en 1828 son American Dictionary of the English Language, qui simplifie l'orthographe britannique. Le dictionnaire Merriam-Webster en est l'héritier direct.
Orthographe : les règles à connaître
| Règle | Américain | Britannique |
|---|---|---|
| -or au lieu de -our | color, favorite, neighbor | colour, favourite, neighbour |
| -er au lieu de -re | center, theater, meter | centre, theatre, metre |
| -ize plutôt que -ise | organize, realize | organise, realise (les deux admis) |
| -se au lieu de -ce | defense, license (nom) | defence, licence |
| Consonne non doublée | traveled, canceled | travelled, cancelled |
| Formes simplifiées | program, catalog, check, gray | programme, catalogue, cheque, grey |
Les dates s'écrivent dans l'ordre mois/jour/année : 7/4/1776 désigne le 4 juillet 1776, piège classique pour un Européen qui remplit un formulaire. Les nombres décimaux prennent un point et les milliers une virgule (1,000.50).
Vocabulaire : les mots qui changent
| Français | Américain | Britannique |
|---|---|---|
| appartement | apartment | flat |
| ascenseur | elevator | lift |
| essence | gas | petrol |
| camion | truck | lorry |
| trottoir | sidewalk | pavement |
| métro | subway | underground, tube |
| automne | fall | autumn |
| frites / chips | fries / chips | chips / crisps |
| l'addition | the check | the bill |
| toilettes (lieu public) | restroom, bathroom | toilet, loo |
| rez-de-chaussée | first floor | ground floor |
| file d'attente | line | queue |
Le décalage des étages est le plus trompeur : aux États-Unis, le first floor est le rez-de-chaussée, et le second floor notre premier étage. Les mots utiles au quotidien sont détaillés par situation : au restaurant et sur la route, ainsi que les faux amis français-anglais.
Prononciation et grammaire
- Le r est prononcé partout (car, water, here) : l'américain standard est dit « rhotique », contrairement à l'anglais de Londres.
- Le t entre deux voyelles s'adoucit en un son proche du d : water, better, city.
- Le a de dance, can't, bath est court et ouvert, et non long comme à Londres.
- Certains mots changent d'accent : tomato (« to-may-to »), schedule (« ské- »), advertisement (accent sur « ad »).
- Grammaire : le prétérit remplace volontiers le present perfect (Did you eat yet?) ; les noms collectifs prennent le singulier (the team is) ; gotten sert de participe de get ; on the weekend au lieu de at the weekend.
Les grands accents régionaux
L'anglais dit General American, sans marque régionale forte, est celui des journaux télévisés ; il est proche de la parole du Midwest et de l'Ouest. Autour de lui :
- Le Sud : le « Southern drawl », voyelles allongées et diphtonguées, le pronom y'all pour « vous » au pluriel.
- New York : r souvent effacé (« New Yawk »), coffee prononcé « cawfee ».
- Boston : non rhotique lui aussi, d'où le célèbre « pahk the cah ».
- Les Grands Lacs (Chicago, Detroit) : voyelles déplacées et accent nasal, popularisés par le film Fargo pour sa variante du Minnesota.
- La Californie : intonation montante, voyelles avancées, tics comme like ou totally.
- L'anglais afro-américain (AAVE) : variété à part entière, avec sa grammaire propre (le be d'habitude : she be working), qui a fourni une grande partie de l'argot américain.
Pour les tournures idiomatiques courantes, consultez notre sélection d'expressions américaines. Sur la place de l'espagnol, du français et des langues amérindiennes, voir les langues parlées aux États-Unis et le français de Louisiane.
Langue officielle et usage réel
La Constitution ne désigne aucune langue officielle. Une trentaine d'États ont adopté l'anglais comme langue officielle par la loi ou par leur constitution, et un décret présidentiel de mars 2025 l'a désigné comme langue officielle au niveau fédéral, sans loi du Congrès. Hawaï reconnaît aussi l'hawaïen. Pour un francophone, l'américain est généralement jugé plus facile à comprendre que l'anglais britannique, en raison de l'omniprésence du cinéma et des séries américaines.
Questions fréquentes
Un Américain comprend-il un Britannique ?
Oui, sans difficulté pour l'essentiel. Les malentendus portent sur quelques mots (pants désigne le pantalon aux États-Unis, le slip au Royaume-Uni) et sur certains accents régionaux britanniques très marqués.
Faut-il apprendre l'anglais américain ou britannique ?
Les deux normes sont acceptées partout, y compris aux examens comme le TOEFL ou l'IELTS. L'essentiel est de rester cohérent dans l'orthographe d'un même texte.
Pourquoi les Américains écrivent-ils « color » sans u ?
Parce que Noah Webster a simplifié l'orthographe dans son dictionnaire de 1828, au nom d'une langue nationale plus logique. Ses réformes les plus modestes se sont imposées ; les plus radicales (tung pour tongue) ont été abandonnées.
Quel est l'accent américain le plus neutre ?
Le « General American », proche de l'anglais parlé dans le Midwest et l'Ouest. C'est celui que l'on entend le plus dans les médias nationaux.